Homélie du 3ème dimanche de Carême, année A

Chers frères et sœurs, je voudrais commencer mon homélie par une question. La question, la voici : qui parmi nous a déjà rencontré Jésus dans sa vie ? Personne ? Je reformule la question : qui parmi nous, n’a jamais rencontré Jésus dans sa vie ? Personne ? A partir de la Parole de Dieu et du témoignage de certaines personnes, je suis parvenu à la certitude que lorsqu’on fait la rencontre avec Jésus de Nazareth, on ne peut que repartir par un autre chemin de vie. C’est l’expérience des Rois Mages dont le récit a été donné à méditer à l’Epiphanie. Ils viennent des confins de la terre rencontrer le Nouveau Né de Bethléem, après avoir fléchi le genou devant lui, ils repartent dans leurs pays par un autre chemin (Mt 2, 1-12). C’est aussi l’expérience de Saint Paul sur la route de Damas, ébloui par la lumière du Christ, il tombe. Quand il se relève, il cesse d’être le persécuteur pour être l’évangélisateur. Bien sûr, vous allez me dire que tous ceux qui ont rencontré Jésus ne l’ont pas suivi nécessairement et me citer en exemple, l’épisode du jeune homme riche de l’évangile à qui Jésus suggère de vendre tous ses biens, de partager avec les pauvres, devenir son disciple et qui s’en alla tout triste parce qu’il avait de grands biens. Je suis d’accord ! Mais ici, je parle de ceux qui ont accepté de faire une véritable rencontre avec Jésus. L’évangile qui nous est proposé en ce 3ème dimanche de carême, nous en donne un exemple : il s’agit de l’épisode de la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie.

La rencontre a lieu dans une des villes de Samarie appelée Sychar,vers midi autour d’un puits : le puits de Jacob. Dans la Bible, beaucoup de rencontres sérieuses qui aboutissent au mariage ont lieu près d’une source d’eau ou d’un puits. Exemple c’est près d’un puits qu’Isaac rencontre Rebecca (Gn 24), que Jacob rencontre Rachel (Gn 29, 1-14), que Moïse rencontre Cippora (Ex 2, 15-22). Puisse Dieu donner à tous ceux et toutes celles qui sont en quête de leur âme sœur de pouvoir se retrouver près du puits où pourra naitre une vie conjugale plus épanoui. Le puits dans la Bible représente le lieu où non seulement sont assouvies la soif d’eau, la soif de bâtir une vie conjugale, mais aussi toutes les autres formes de soif que l’humanité peut ressentir. L’évangile nous enseigne que Jésus fatigué par la route, a soif et faim. Tandis que ses disciples vont à la ville, acheter de quoi manger, Il fait la rencontre près du puits d’une femme de Samarie. Normalement cette rencontre ne devrait pas avoir lieu parce que les juifs et les samaritains s’évitaient. En effet, les juifs considéraient les samaritains comme impurs, par conséquent tout bon juif devait éviter d’être souillé par la rencontre avec un samaritain. Non seulement Jésus fait la rencontre avec une samaritaine mais encore il va jusqu’à lui adresser cette demande : « Donne-moi à boire ». La samaritaine tout étonnée de l’attitude de Jésus dit : « Mais comment toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi, une samaritaine ».

Frères et sœurs, de quoi Jésus avait-il soif ? Avait-il soif d’eau ? Avait-il soif de bâtir une vie conjugale avec cette malheureuse femme qui est à son sixième mariage ? Où avait-il une autre forme de soif ? De quoi Jésus avait-il soif véritablement ? La suite de l’évangile, nous le révèlera.

Quand Jésus demande à boire à la Samaritaine, un dialogue s’établit et aussitôt Jésus qui demandait à boire devient celui qui offre à boire. En effet, Jésus dit : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit ‘Donne moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il te donnerait l’eau vive » (Jn 4, 10).

Frères et sœurs, même si la Samaritaine ne comprend pas immédiatement que l’eau dont il est question, ce n’est l’eau du puits de Jacob mais une autre, elle finira par comprendre quand Jésus lui parlera de sa vie privée, de sa vie conjugale. Bien plus que la soif d’eau, Jésus a soif. Sur la croix, avant de remettre son esprit, il a crié cette soif : « J’ai soif ! ». Il ne s’agissait pas d’une soif physique et matérielle seulement. Il s’agit surtout et avant tout d’une soif spirituelle, la soif de sauver : de nous sauver.

Frères et sœurs, comme le Peuple d’Israël, notre monde d’aujourd’hui connait sa traversée de désert. Chacun de nous ici présents puisque nous sommes dans le monde, nous ressentons personnellement la soif tout chaque juif pouvait ressentir la soif. Mais de quelle soif s’agit-il ? Il est clair qu’il ne s’agit pas d’une soif d’eau même si quelques fois avec le temps chaleur, en plus des coupures d’électricité, il y a des coupures d’eau à Accart-Ville. Que dire ? En plus de la soif d’eau, il y a beaucoup qui connaissent la soif d’argent, la soif d’emploi, la soif d’un foyer, d’une situation matrimoniale plus stable, de la santé, de la paix de cœur, du bonheur. Il y en a qui ont soif d’être consolés, d’être pardonnés, d’être compris, d’être acceptés, d’être aimés. Oui la plus grande soif dont l’homme peut souffrir, c’est avant tout la soif d’être aimé. Je sais bien ce que je suis entrain de vous dire. Je connais des couples qui après des années n’ont pas tenus parce que l’amour n’a jamais plané dans ces couples. Ce n’était qu’une illusion, le mariage et tout le cérémonial qui exhalait l’odeur de l’amour conjugal n’était que du théâtre. Je connais des gens qui avaient beaucoup d’argent mais qui n’étaient pas heureux parce qu’ils avaient très soif d’être aimés. Je connais des gens qui se sont donnés la mort, parce qu’il pense que leur vie sur la terre n’a plus de sens. Pourquoi se font-ils de telles pensées, parce qu’ils ne sentent pas aimés par leur entourage et souvent même par Dieu.

Frères et sœurs, l’évangile de ce jour, nous révèle celui qui peut étancher véritablement notre soif : c’est Jésus. Aucune barrière sociale, culturelle, religieuse, ne peut l’arrêter. Aucun de nos péchés, aucune des situations difficiles que nous vivons ne peut l’empêcher de venir jusqu’à nous Il les foule au pied pour nous rejoindre près des puits où nous pensons trouver notre compte, où nous pouvoir apaiser notre soif. Il nous fait comprendre qu’il est lui-même le puits de l’eau-vive. Celui qui donne boire. Il n’est pas une solution à nos problèmes, il en est la solution. Toute personne qui accepte de boire de son eau non seulement n’aura plus jamais soif mais encore devient comme lui-Jésus, source jaillissante pour la vie éternelle. La Samaritaine a accepté de boire de cette eau, et comme source jaillissante de vie éternelle, elle rejoint les gens de son village pour les conduire à Jésus : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Que sera-t-il de vous et moi aujourd’hui ? Les gens de son village, ne se sont pas contenté d’écouter le récit de la Samaritaine, ils ont accepté de faire la route pour rejoindre Jésus près du puits, et quand ils l’ont rencontré, ils sont parvenus à la foi en lui et ont donné ce beau témoignage : «  ce n’est pas à cause de ce que tu nous a dit que nous croyons maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde  (Jn 4, 42)». Frères et sœurs, les vrais adorateurs, ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité que recherche le Père Céleste sont ceux qui vont puiser en Jésus pour leur soif, l’eau vive du salut. Et nous, sommes-nous de ces vrais adorateurs ? Chrétien, on peut être seulement un adorateur en chair, mais pas en esprit et en vérité, on peut malheureusement porter seulement un nom chrétien, rien de plus. Savons-nous recourir à Jésus dans les moments sombres de la vie, dans les tempêtes ? Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur nous dit le Psalmiste. Et Jésus de nous dire : « Levez les yeux et regardez les champs qui se dorent pour la moisson ».

Que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous !