Textes : Pr 31,10-13.19-20.30-31 ;  Ps 127 ; 1 Th 5, 1-6 ; Mt 25, 14-30.

Frères et sœurs que la Paix et la joie du Seigneur vous soient donnée en surabondance ! L’évangile sur les talents que nous venons d’écouter est souvent entendu dans les célébrations des obsèques.  Quand on parle d’obsèques on pense à notre sort final, la fin dernière. En cette fin de l’année liturgique, l’Eglise nous propose de méditer sur notre fin dernière.

La Parole de Dieu nous invite tout simplement à faire un bilan de notre vie, de notre gestion des grâces reçues de Dieu. Durant toute cette année pastorale 2016-2017 qu’avons-nous pu faire de bon et de beaux ? Comment ai-je géré ma vie ou du moins cette vie que Dieu m’a confiée. Prendre soin de sa vie est le premier talent  que Dieu nous donne à gérer. Nous n’avons donc pas le droit de dépenser notre vie pour des motifs bassement matériels ou pour les plaisirs de ce monde. Si nous avons à faire des sacrifices, des renoncements, faisons le pour un motif noble. D’ailleurs on ne parle de sacrifice qu’en référence à la noblesse du motif ou de l’intention qui sous-tend notre action. Par exemple risquer sa vie pour défendre un chien est tout simplement un suicide.  Risquer sa vie pour des causes matérielles est aussi un suicide. Commençons donc à faire une bonne gestion de notre vie. Et pour cela laissons-nous guidés par la sagesse divine. Cette Sagesse dont l’éloge est faite dans la première lecture est le secret non seulement du bonheur mais surtout celui de la vie éternelle.

En effet dans la première lecture on chante l’éloge de la femme sage. Elle fait la joie de son époux. Au-dèla de la femme sage, qui est rare plus qu’une perle précieuse le livre des proverbes invite chacun de nous à se laisser guider par la sagesse divine. Celui qui se laisse guidé par la sagesse divine ne craint aucun malheur car il marche selon les voies de Dieu. Le psalmiste nous rassure que le bonheur consiste à craindre le Seigneur et à marcher surtout suivant ses lois. «  Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies, tu te nourriras du travail de tes mains, heureux es-tu, à toi le bonheur »(Cf.  Ps127).

Il faut craindre le Seigneur. Il  s’agit  d’une crainte révérencielle. Une attitude de respect vis-à-vis de Dieu. Car notre Dieu n’est pas un juge méchant à craindre ni un père acariâtre dont la présence inspire la peur. Suivre les voies du Seigneur ne fait pas avec la motivation de la peur d’être puni un jour. Mais nous devons plutôt nous laissés mouvoir par l’amour et le respect que suscite en nous le nom de notre Dieu.

Suivre les commandements de Dieu devient alors pour nous signe et expression de notre attachement à ce Dieu d’Amour. Un enfant qui aime ses parents se plait naturellement à faire ce que ces derniers lui demandent de faire et surtout il le fait avec joie. On est même prêt à tout pour la joie de ses géniteurs ou tuteurs. Dieu lui il nous a créé, il nous a donné des talents à fructifier pour notre bonheur et pour sa gloire. Mais vite nous enlevons la dernière partie. Nous enfouissons nos talents dans les méandres de nos peurs et de nos tiédeurs.

Oui, mes frères et sœurs, chacun de nous a un ou des talents, des dons reçus de Dieu. Que faisons-nous avec nos charismes. Par nature les catholiques sont timides,  très réservés. Cela est bon par moment. Mais Dieu ne nous a pas donné les talents pour que nous les enfouissions en terre par peur de gêner, peur d’être indexé. Non si nous sommes convaincus que ce nous faisons est bien, allons seulement comme dise les jeunes. J’ai le don de chanter, d’enseigner, de proclamer à l’Eglise la Parole de Dieu. Pourquoi je vais me réserver de le faire.

La fin dernière dont il est question dans l’évangile des talents ne doit pas nous effrayer si nous employer à bon escient les talents à nous confier. Alors comme une femme sage qui fait la joie de son fiancé nous ferons la joie de  notre Dieu si nous travaillons avec sagesse au rayonnement de la gloire de Dieu. Et la gloire de Dieu c’est l’homme débout disait Saint Irénée de Lyon. L’homme débout est celui qui se libère des peurs, peur de la mort, mort de la nature à qui on attribue des puissances.  Peur de la puissance des ténèbres, peur des forces occultes, peur des dires des gens, peur des puissances occultes. Or le Christ ressuscite a dit à ses disciples que nous sommes : n’ayez pas peur. La peur nous amène non seulement à enfuir nos talents comme l’a fait le serviteur apeuré de l’évangile. Il l’a dit : j’ai pris peur et j’ai enfui ton talent en terre….

Frères et sœurs, la peur nous amène encore à suivre les forces des ténèbres et des pratiques contraires à notre foi. Lors des décès par exemple, mon cœur saigne quand je vois qu’on prie pour le défunt à l’église et au même moment il se trouve toujours des gens pour sacrifier ou pour faire des incantations sous-prétexte de demander la route  ou que  sais-je encore aux ancêtres. Nous ne sommes plus sur l’emprise des ancêtres ou des dieux inconnus à craindre. Nous sommes libérés par le sang de l’agneau immolé, le Christ Jésus notre Paix. Donc n’ayez pas de vivre notre foi. Et si nous devons mourir pour la cause de l’évangile soyons prêts car notre vie ne nous appartient pas. Et que sert à l’homme de gager tout l’univers s’il vient à perdre son âme ?  C’est pourquoi nous devons toujours être prêts à rendre compte de notre gestion, je veux dire de la gestion de notre vie. Une gestion transparente est celle qui se fait au grand jour, dans la lumière. Avec Dieu, nous ne pouvons pas tricher. En plus comme dit l’apôtre Paul dans la deuxième lecture nous ne sommes pas des fils de ténèbres. Celui qui aime les ténèbres nous le savons c’est le voleur, et celui qui se cache pour faire des trucs… pourtant nous ne sommes ni voleur ni des gens qui se cachent pour opérer…n’est-ce pas ! En tout cas nous ne devons pas l’être ! Sortons donc de nos activités de ténèbres pour nous laisser guider par l’Esprit de la Sagesse pour que le jour du Seigneur ne nous surprenne pas.

Que le Seigneur nous donne la grâce de sa Sagesse et nous aide à marcher dans sa lumière suivant ses commandements. Et que le Seigneur soit toujours avec vous !

Abbé Gilbert GUINGANE