TEXTES DU JOUR : 2Sam 5, 1-3 ; Ps 122 ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43

Bien-aimés de Dieu, Que la Paix du Chris-Roi de l’Univers soit toujours avec vous ! Vous l’aurez certainement compris, en ce dimanche 20 novembre, nous fêtons la solennité du Christ-Roi de l’univers. C’est une fête de dévotion consacrée au Christ pendant le temps ordinaire. Elle a été instituée par le pape Pie XI le 11 décembre 1925. Dans un monde où règne la course effrénée aux pouvoir, aux honneurs et aux plaisirs démesurés qui provoquent des violences et des conflits de tout genre, le Pape entendait proposer par cette fête, le Règne du Christ qui garantit la paix véritable. Et cette fête du Christ Roi clôt toujours le cycle de l’année liturgique, annonçant une autre année comme pour dire que le Christ est le commencement et la fin de toute Chose. Il est le Roi des Roi, le Seigneur des Seigneurs. L’objectif essentiel de cette fête est de pousser les chrétiens à reconnaître le Christ comme l’unique Roi de leur vie, à comprendre son Règne et à chercher à établir ce règne dans le monde en commençant par nos milieux de vie et de travail. Les textes sacrés de ce jour nous parlent tous providentiellement de la Royauté. De la 1ère Lecture à l’Evangile, tous les trois textes visent à nous faire comprendre que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Roi véritable. Le nouveau David à qui tous les peuples du monde devraient se soumettre comme l’ont fait toutes les tributs d’Israël avec l’ancien David dans la 1ère Lecture.
Dans la deuxième lecture, saint Paul Rappel aux Colossiens et à nous tous que le Christ notre Roi n’est pas seulement un roi parmi tant d’autre. Il est le Seigneur des seigneurs, celui qui trône au dessus de toutes les autres divinités : Puissance, Principautés, Souveraineté et domination. « Tout a été crée par Lui et pour Lui ». Toutefois, l’Evangile du jour nous signale que la royauté de notre Seigneur Jésus-Christ n’est pas comme celle des rois de ce monde. Oui, le Christ Notre Roi n’est pas un roi triomphateur et dominateur à la manière des roi de ce monde. D’après cet Evangile de saint Luc que nous venons d’entendre, le trône de Jésus est une croix, sa couronne, une couronne d’épines, son investiture, une condamnation à mort cloué au-dessus de sa tête : “Celui-ci est le roi des juifs!”. Ses gardes du corps sont deux malfaiteurs condamnés avec lui. Et les armes que Jésus utilise pour défendre sa royauté ont pour nom la bienveillance, le regard qui réconforte, la parole qui guérit, la main tendue qui sauve, l’agenouillement qui permet à l’autre de se relever et de se tenir debout. En un mot, La Royauté du Christ que nous fêtons aujourd’hui est celle de la Miséricorde. La Miséricorde, cette arme puissante que Jésus voudrait utiliser pour bâtir son Règne dans ce monde de guerre, de violence, de haine et d’inimitié. C’est pourquoi, depuis le mois de novembre 2015, notre Cher Pape invitait tous les chrétiens du monde à redécouvrir et à redonner à notre monde ce qui fait l’identité de notre Dieu et ce qui fait l’originalité de notre Religion : La Miséricorde. Durant cette année, les chrétiens catholiques n’avait qu’une seule mission à accomplir : rechercher à accueillir la Miséricorde divine, à en vivre et surtout à offrir cette Miséricorde à notre monde et à nos familles qui en ont tant besoin.

Aujourd’hui, l’heure est au bilan. Chaque chrétien devrait se poser les questions suivantes : En quoi ai-je accueilli la Miséricorde de Dieu dans ma vie ? Comment ai-je pu vivre de cette miséricorde dans mon milieu de vie ? Combien de personne ai-je pu aider à sortir de la misère tant matérielle que spirituel.
Frères et sœurs, en ce dernier dimanche de l’année liturgique C, les portes de l’année de la Miséricorde se ferment, mais notre témoignage de la miséricorde doit se poursuivre car le Règne de notre Dieu n’a pas de fin. Cette grâce du jubilé que nous venons de vivre tout au long de cette année doit se répandre au monde entier. À travers nos paroles, nos actes et toute notre vie, nous avons à être des messagers de cette miséricorde. Maintenant que nous avons redécouvert le règne de notre Dieu, il nous faudra travailler chaque jour à son établissement dans notre monde. Et cela est possible chaque jour si nous le voulons. Oui, Il faut le dire et le redire inlassablement : le Royaume de Jésus est là lorsqu’il y a des artisans de paix qui dialoguent, se rencontrent, s’écoutent et se pardonnent. Il est là quand des hommes et des femmes se mettent au service des autres. Le Règne de Jésus est là quand malgré les multiples incompréhensions et blessures infligées mutuellement, des parents décident de faire la paix, par amour pour leurs enfants, ces pauvres innocents qu’ils ont mis au monde.

Alors chers parents, vous qui avez été nombreux à recevoir le baptême en cette année de la miséricorde, vous qui recevez le baptême aujourd’hui pour vos enfants, n’oubliez pas ce pour quoi ce baptême vous est accordé. C’est une œuvre de miséricorde qui vous a été faite au nom de cette année de la miséricorde. Alors tachez de ne pas oublier cela. Soyez surtout témoins de ce que vous avez reçu dans vos milieux de vie et de travail. Cette grâce avait pour objectif de vous faire comprendre qu’avec notre Dieu, rien n’est jamais définitivement perdu, nul n’est jamais totalement perdu. Avec Lui, les portes ne doivent jamais se fermer, les portes du pardon et de la réconciliation ne se ferment jamais. Quelque soit la gravité de la blessure et des difficultés que vous traversé, le pardon est toujours possible. Dieu l’a fait pour vous, tâchez donc de le faire pour les autre, de ne jamais oublier cela et d’inculquer cela à vos enfants pour qui vous recevez le baptême en ce jour.

Quant à nous tous, chers frères et sœurs, la célébration du Christ Roi de l’univers nous rappelle que nous chrétiens catholiques avons une mission spéciale sur cette Terre : Etablir la royauté de Notre Dieu sur cette terre. Ce Royaume d’amour et de service peut commencer à se réaliser dès maintenant, aujourd’hui même, et il existera pleinement lorsque les pauvres, les persécutés, ceux qui souffrent, ceux qui sont rejetés y trouveront leur juste place. C’est pour inaugurer un tel Règne que Jésus est venu parmi nous. Certes, l’année de la Miséricorde prend fin en ce jour, mais je le redis, les œuvres de Miséricorde doivent se poursuivre par ce que le Règne de notre Seigneur est un Règne eternel. Comme nous le chantons dans notre CREDO, « Et son Règne n’aura pas de fin ». Mais comment faire pour que ce règne arrive et demeure éternellement dans notre monde d’aujourd’hui, dans nos milieux de vie. Il suffit de veiller à ne jamais passer un seul jour sans poser au moins une œuvre de miséricorde spirituelle ou corporelle. Comme le levain dans la pâte, le royaume de Dieu s’installe parmi nous chaque fois : que j’accepte de me priver un peu pour que l’autre puisse avoir à manger et à boire. Le Royaume de Dieu s’installe parmi nous quand nous acceptons d’accueillir les étrangers chez nous, d’aller visiter les malades et les prisonniers. Le Royaume de Dieu s’installe quand nous acceptons de conseiller, de consoler et d’avertir nos frères et sœurs qui doutent qui souffrent et qui sombrent dans le péché. Oui frères et sœur la Royauté de notre Seigneur s’installe Chez nous, quand dans nos familles et dans nos couples, nous acceptons d’enterrer nos haches de guerre et de rancune en accueillant et en accordant le pardon à ceux-là qui nous ont le plus fait du mal. Voilà comment nous pouvons chaque jour faire grandir le Règne de notre Seigneur Jésus-Christ dans nos milieux de vie et de travail. Et, ce qui indique le mieux la grande différence entre la royauté de notre monde et celle du Christ est le pardon que Jésus offre à ceux qui l’ont condamné à mort: « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font ». (Luc 23, 34). Et jusqu’au moment de la mort, l’évangile insiste sur cette royauté d’amour et de pardon sans limite : « Jésus, souviens-toi de moi dans ton royaume», demande le voleur condamné avec lui. Et la réponse à cet homme en train de mourir : «Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ». Dans le royaume de notre Seigneur Jésus-Christ, il y aura toujours de la place pour ceux que l’on ignore dans les autres royaumes : les pauvres, les rejetés, les blessés de la vie et même pour les bandits de grand chemin.

Oui frères et sœurs, ce dimanche du Christ Roi récapitule toute l’année liturgique en nous rappelant que « le règne de Dieu vient » à chaque fois que nous nous penchons sur quelqu’un qui souffre et qui est dans le besoin. En un mot, le règne de notre Dieu s’établira définitivement lorsque nous catholiques déciderons de ne jamais rester indifférents et insensibles face à la misère de l’autre. Le Règne de notre Seigneur s’établira lorsque tous les chrétiens du monde seront miséricordieux. Alors pour finir, d’un seul cœur, disons tous ensemble : « Seigneur que ton Règne arrive » ; « Seigneur que ton Règne de Miséricorde arrive ». Mais rappelons-nous que ce Règne n’arrivera jamais sans nous-mêmes. Que Dieu-lui-même nous en donne la grâce de pouvoir toujours travailler à l’avènement de ce Règne pour sa plus grande gloire et pour notre Salut. Amen !

Abbé Juste Négus HILOU (Prêtre de Jésus-Christ)