Messe d’ouverture de l’année pastorale paroissiale

Messe d’envoie en mission du nouveau bureau du conseil paroissial

Messe d’aurevoir aux agents pastoraux partant pour d’autres missions

Messe d’accueil des nouveaux agents pastoraux

 

Textes du jour : Dn 12, 1-3 ; Ps 15 ; He 10, 11-14.18 ; Mc 13, 24-32

Chers frères et sœurs, que le prince de la paix profonde soit toujours avec vous ! Ce salut de paix, je le fais dans le contexte bien marqué de la parole de Dieu que nous venons d’entendre ; mais aussi dans le contexte bien précis de ce que nous vivons dans notre pays et de ce dont nous sommes témoins dans le monde.

La première lecture, tout comme l’Evangile, nous parlent d’événements terribles avant la venue du Fils de l’homme, Jésus Lui-même. Notre pays, avec la campagne électorale et les élections à venir, traverse un des moments les plus fragiles de son histoire. On peut donc, légitimement, nourrir quelques craintes. Les télévisions du monde se sont fait l’écho des attentats de Paris durant toute la journée d’hier ; ces attentats qui rappellent bien de violences inutiles et gratuites de par le monde. On, encore une fois, avoir peur. Et certains pourraient trouver des raisons légitimes de cette peur à travers une certaine lecture des textes que nous venons d’entendre.

Lisons bien ces textes cependant. Ils n’onnoncent pas la peur, mais la paix, aussi surprenant que cela puissent paraître. La paix comme conséquence à la victoire certaine du Messie que ces mêmes textes nomment le Fils de l’Homme. N’ayons donc pas peur. Et pourquoi ?  Parce que nous sommes des hommes et des femmes de foi. Et notre foi s’enracine en Jésus-Christ ressuscité. C’est vite dit. Comprenons tout cela en recourant toujours aux textes d’aujourd’hui.

Dans le livre de Daniel, l’auteur nous annonce une grande détresse, une détresse comme il n’en a jamais existé sur terre. Dans l’Evangile – un texte que nous connaissons bien, tant il frappe l’esprit par des images fortes – il est question de catastrophes naturelles : le soleil et la lune refusent de jouer leur rôle ordinaire. Les étoiles changent de place et s’effondrent. Après tous ces bouleversements, saint Marc l’évangéliste écrit qu’alors, on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées. Un spectacle édifiant !

Comprenons bien les choses, autrement nous risquons de nous laisser embarquer par de petits prêcheurs qui vendent la peur pour qu’on achète des illusions. Chez les juifs du premiers siècle, le temps de Jésus donc , les astres ( les étoiles, le soleil, la lunes…) sont des divinités. En annonçant donc ce bouleversement du ciel, la culture juive annonce en même temps l’intervention de Dieu et sa victoire sur ces divinités, la victoire de Dieu sur un vieux monde qui passe pour laisser place au règne définitif de Dieu. Alors, comprenons-le bien. Il n’y a aucune raison de se laisser envahir par une quelconque peur quand reviennent ces lectures sur la fin du monde à la fin de l’année liturgique. Il a toujours eu des tremblements de terre, des phénomènes astraux, des guerres. N’ayons pas peur. L’Evangile nous enseigne autre chose en évoquant de tels signes.

Encore une fois, répétons-le : la parole de Dieu en aucune façon n’entretient la peur. Elle annonce plutôt le salut, surtout lorsque nous avons l’impression que les puissances des ténèbres tiennent le monde en main, refusant pour ainsi dire de reconnaître leur défaite définitive. En fait, le vieux monde résiste. Et c’est cela qui nous appelle au combat de la foi, à une annonce claire, par le témoignage et la parole, que le Dieu de Jésus-Christ est plus puissant que toutes les puissances des ténèbres réunies. La mission du christ est de tout soumettre à son Père. C’est devant Lui que toute créature devra faire le bilan et c’est devant Lui que tout genou fléchira.

Cette foi en la victoire du Christ sur le monde doit marquer notre regard les événements du monde. C’est le regard de l’homme de foi. Cela transparaît déjà dans la première lecture. C’est à u peuple persécuté que l’auteur annonce le salut, la récompense pour les justes, la honte pour les autres. Dans l’Evangile, la venue du Fils de l’Homme sur les nuées avec grande puissance et grande gloire sonne tout simplement la fin du monde. Le mal a une fin.

En entendant cela, frères et sœurs, que nous faut-il faire ? Revenir à l’Evangile ; être réellement témoins du Monde Nouveau inauguré en Jésus-Christ. J’ai dit « témoins ».

C’est la mission d’une paroisse, celle de tout agent pastoral, celle de tout responsable de communauté. Toute notre organisation pastorale n’a qu’un objectif : annoncer le salut en Jésus-Christ. L’Eglise n’est pas une ONG, encore moins un parti politique. Elle est témoin du Christ. Une année nous est accordée par le Seigneur pour le montrer : individuellement, en famille, en CCB. Nous demandons à Dieu d’accorder à toutes les familles chrétiennes la grâce de la réconciliation et de l’amour vrai. Une famille harmonieuse est un témoin vivant de la victoire du Christ sur les forces obscures de ce monde. Jésus nous donne à tous rendez-vous sur le terrain du témoignage. Il nous y devance par son Esprit qui déjà habite en nos cœurs ; un même Esprit pour une même foi, en vue d’une même communion.

Puisse notre témoignage d’unité paroissiale, mais également celui de notre foi affirmée en Jésus-Christ, à temps et à contre temps, faire avancer le règne de Dieu dans notre Eglise-Famille paroissiale.

Abbé Guy M. SANON