Un jour, un homme découvre dans sa propre maison, sa femme qu’il aimait plus que tout, en flagrant délit d’infidélité. Très dépassé par la situation, notre homme se contenta de sourire et continua de vivre comme à l’ordinaire. La femme pensa que son mari reviendra sur le sujet et lui ferait voir de quoi il était capable car c’était homme violent qui ne dissimulait pas du tout ses états d’âme. Mais l’homme garda un silence étrange. La nouvelle parcourut le village que la femme a « attaché son mari » pour qu’il ne puisse pas réagir. Le temps passa : une semaine, un mois, une année et l’homme ne dit rien. Trois ans après, un soir au coucher du soleil, l’homme appela sa femme et lui : « Fais tes bagages ». Il remorqua sa femme et pédala 25 km en silence, s’arrêta dans un village, au carrefour et dit à la femme : « Aujourd’hui, c’est le dixième anniversaire de notre rencontre. Te rappelles-tu ? C’est ici au carrefour que nos chemins se sont croisés pour la première fois ; c’est ici que tout doit prendre fin et c’est effectivement ici et maintenant que tout prendra fin. Tu as été ma femme et j’ai été ton mari. C’était le temps d’avant !

Frères et sœurs, pour ce qu’on peut dire, l’attitude de cet homme a été trop humaine parce que son amour est trop humain. L’amour de notre Dieu dépasse infiniment en qualité l’amour humain. Ce que je ne peux pas pardonner à mon prochain, ce que je ne peux pas pardonner à moi-même. Dieu lui, est capable de me le pardonner. L’histoire du peuple d’Israël nous conduit à cette foi en la miséricorde de Dieu. Dans la 1ère lecture que nous avons écoutée, alors qu’Israël par ses inconduites, ses infidélités a tourné dos au Seigneur et a connu la déportation, Dieu à la différence de l’homme dont j’ai raconté l’histoire ne garde pas un silence vindicatif ! Il parle à son peuple, comme un amant parle à l’oreille de sa bien-aimée. Il dit :

« j’éprouve pour Sion un amour jaloux, j’ai pour elle un amour passionnée, je suis revenu vers Sion et j’ai fixé ma demeure à Jérusalem (…) ils seront mon peuple et je serai leur Dieu, dans la fidélité et dans la justice ».

Frères et sœurs, l’amour jaloux et passionné que le Seigneur avait pour son peuple hier, il l’a encore aujourd’hui pour son peuple, son Eglise et particulièrement pour chacun de nous car son amour est « de toujours à toujours ». S’il nous arrive des moments où en considérant les fils sombres qui ont brodés jusque-là le tissu de notre vie, s’il nous arrive des moments où en considérant les infidélités qui ont entravés notre marche vers une vie plus vraie, plus juste, plus digne d’enfant de Dieu, des larmes nous viennent aux yeux et que nous disions : « nous sommes allés très loin », Ayons à l’Esprit que l’amour jaloux et passionné de Dieu nous poursuit et nous rejoint où que nous voulons pour nous faire revenir à condition que nous acceptions de coopérer avec la grâce. Le péché importable c’est de ne plus croire en l’amour de Dieu jusqu’à leur notre mort, c’est de se fermer à la grâce et à la miséricorde de Dieu.