Frères et sœurs, la Parole de Dieu qui nous est proposée en ce jour est très riche en enseignements. Je voudrais dans cette homélie retenir tant de la 1ère lecture que de l’évangile quelques éléments pour orienter notre méditation.

Trois leçons importantes se dégagent de la 1ère lecture de ce jour :

-la 1ère leçon : c’est que nous n’avons pas le droit de rééditer les pages sombres du passé. Il nous faut toujours savoir tirer leçon des expériences malheureuses de nos devanciers pour notre vie d’aujourd’hui.

Dans la 1ère lecture, Balthasar n’a pas su tirer leçon de l’expérience malheureuse de son père Nabuchodonosor. En effet Nabuchodonosor avait pillé les vases sacrés du temple et avait été châtié pour son forfait. Lui, Balthasar, au cours d’un festin trop arrosé, invite ses convives à boire du vin dans les vases sacrés, jadis destiné au culte du temple. Ainsi comme son devancier, il profane le sacré.

Quand on suit quelqu’un, et que soudain cette personne tombe dans un trou, on prend naturellement toutes les précautions pour éviter à son tour de tomber dans le même trou. Il y a des erreurs que nos prédécesseurs ont commises et si nous ne prenons garde nous pouvons les commettre. Or en les commettant nous devenons plus coupables qu’eux parce qu’ils n’ont pas eu d’avertisseurs alors que nous en avons eu.

  • La 2ème leçon : Dieu demeure le dernier et le véritable recours de l’homme en situation

Balthasar n’ayant pas trouvé satisfaction auprès de tous ses magiciens et devins s’en remet à l’homme de Dieu Daniel pour lui interpréter la mystérieuse écriture

Là où la sagesse humaine et les puissances occultes montrent leurs limites,  là alors, on découvre véritablement la puissance souveraine de Dieu. Souvent ceux qui font le tour des marabouts et des féticheurs en cherchant des réponses quand ils n’ont pas trouvé satisfaction, ils s’en remettent totalement à la sagesse divine.

  • La 3ème Conclusion : Toute gloire, toute puissance qui méprise celle de Dieu, même si elle monte, c’est pour s’effondrer avec plus de fracas.

Comble de la profanation, Balthasar et ses hommes, utilisent les vases sacrés destinés à Dieu et se moquent de Dieu en chantant des hymnes à la gloire des idoles. C’est dans ce contexte, que la main invisible qui symbolise Dieu, annonce la décadence subite de leur royaume.

En s’appuyant sur les puissances occultes, certains parviennent accroître leur fortune, leur renom sous le soleil. Mais à la coupe de gloire et renom qu’ils boivent avidement, succède toujours la coupe de douleurs, de la déchéance, et du déshonneur, qu’ils sont sommés de boire jusqu’à la lie. Souvent en politique cela peut être spectaculaire : on cherche des appuis autre que Dieu, on monte et au beau milieu de sa gloire on tombe et on s’écrase définitivement.

Frères et sœurs, cette 1ère lecture nous apprend que celui qui ne construit pas avec Dieu ne peut construire solidement. Mais celui qui est du côté, quelles que soient les tempêtes de la vie, il sortira vivant, victorieux, s’il s’accroche à Dieu.

L’évangile en parlant de la fin des temps, nous donne aussi dans ce sens cette assurance : « c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ». Ceux qui s’engagent à la suite de Jésus ne sont pas toujours à l’abri des difficultés de la vie. Bien au contraire, ils peuvent comme leur Maître être victimes de la persécution. Mais, même au cœur de la souffrance, ils seront capables de rendre témoignage du maître et de son évangile. Ils ne le feront pas parce qu’on a lavé leurs cerveaux comme les djihadistes le font aux kamikazes afin de tuer en eux à la fois le discernement et la peur de la mort, mais ils le feront parce qu’une force intérieure est à l’œuvre en eux. Cette force est celle de Jésus. En effet, Jésus dit à ses disciples : « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense. Moi-même je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction ».

Ce n’est pas donc de leurs propres que les disciples sont appelés à persévérer mais de celle du Christ. Ils s’efforcent de demeurer fidèles à une motion intérieure, à une foi solide, à un amour pour Dieu plus fort que la mort.

Frères et sœurs, que Jésus lui-même nous donne par cette eucharistie de ressentir au plus profond de nous cette motion intérieure, de vivre dans cette foi solide et de témoigner de cette amour invincible maintenant et à l’heure de notre mort. Amen !

Abbé Ema Edmond OUEDRAOGO