Frères et sœurs, dans l’Ancien Testament, il y a des livres qui nous parlent assez explicitement de la résurrection des morts et de la vie à venir : l’un des livres est celui des Maccabées ou des Martyrs d’Israël que nous avons lu et médité la semaine passée. L’autre est celui que nous méditons depuis le début de la semaine : le livre du prophète Daniel.

Ce passage du livre du prophète Daniel dont nous venons d’écouter la lecture, nous présente deux séries de visions imagées.

La première série est peuplée de bêtes énormes : la 1ère bête est un lion avec des ailes d’aigle, la 2ème, un ours avec trois côtes d’animal dans la gueule, la 3ème, un léopard avec quatre ailes d’oiseaux sur le dos et quatre têtes et la quatrième bête différentes des autres avec des dents de fer et dix cornes.

Ces images de bêtes renvoient à des royaumes tyrans hostiles à la foi en Dieu. Ces images renvoient aussi à tous les pouvoirs humains qui ne se réfèrent pas à Dieu ou qui le méprisent. Ces images enfin renvoient indirectement à chacun de nous, lorsque nous détenons des pouvoirs qui s’appellent « finance », « intelligence », « idéologie » ou autre et que nous les utilisons pour soumettre nos frères, pour les sévir, les humilier, les détruire. Remarquons que ces bêtes ont en commun la mutation : elles changent d’aspect morphologique (des parties de leur corps sont ajoutées ou retranchées) ; elles se succèdent. Cela montre que malgré leurs forces et leur aspect terrifiant, elles ne sont pas établies pour toujours. De même que ces bêtes ne sont pas établies pour toujours, de même aucun pouvoir qui s’appelle « royaume », « système », « idéologique » ou même « religion », s’il ne se réfère pas au vrai Dieu, il ne peut tenir dans le temps. Comme la bête, il finit par être démasqué, tué et jeté dans le feu de la vérité et de la justice.

La seconde série présente deux images plus humaines et donc moins effrayantes. C’est d’abord celle d’un vieillard dont l’habit est blanc comme la neige et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée. Cette image renvoie à Dieu dont la pureté, la sainteté et la sagesse sont décrites par la blancheur. Et ensuite la seconde image est celle d’un être qui vient, avec les nués du ciel, comme un Fils d’homme. Cette dernière renvoie à Jésus le Souverain des rois de la terre, qui vient à la fin des temps et à qui, le Père éternel dans sa grande sagesse a tout soumis. « Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. ».

Frères et sœurs, en regardant le cours de l’histoire, en voyant souvent les forces du mal à l’œuvre, nous pouvons nous dire : à quand le règne de Dieu ? Dans l’évangile, Jésus a dit à ses auditeurs : « Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela arrive ». Et nous voici deux mille ans plus tard et rien ne semble avoir changé : le mal et la souffrance sont toujours là, au cœur de nos vies, au cœur de nos cités. La Parabole du figuier que Jésus donne dans cet évangile nous invite à savoir lire les signes des temps. Le Règne de Dieu n’est plus un évènement qui concerne le futur de notre vie. Le règne du Christ est là dans l’aujourd’hui de nos vies. Pour tous ceux qui croient en Jésus et en son évangile la vie éternelle. a déjà commencé.

Abbé Ema Edmond OUEDRAOGO