Que la grâce et la paix de Jésus-Christ soient toujours avec vous !

Frères et sœurs, depuis la semaine dernière, l’Eglise nous donne de méditer sur le livre de la Genèse, le 1er livre de la Bible. Pour ceux qui sont tentés de comprendre ce texte à la lettre, c’est-à-dire mot pour mot, je rappelle que personne n’était là pour enregistrer ou filmer tout ce qui se passait. Ce n’est ni donc un livre d’histoire, ni un livre de science de la vie et de la terre. C’est un livre spirituel qui veut nous conduire à la foi, oui, à la foi que Dieu est l’auteur, mieux, le créateur de tout ce qui existe et tout ce qu’il a fait dès l’origine, était bon. Mais alors une question se pose : Si l’œuvre de Dieu était vraiment parfaite, pourquoi tant de mal, tant de souffrances, tant d’injustices, tant de haine, dans le monde d’aujourd’hui ? Les passages lus le vendredi et le samedi, nous ont fait comprendre que c’est la désobéissance de l’homme à Dieu qui ouvre la porte au mal et à la souffrance.

A travers la 1ère lecture de ce jour, nous voyons le péché à l’œuvre à travers la descendance d’Adam, le mal va s’aggravant mais le bien ne disparait pas. Deux frères font Dieu bien, ils apportent leurs offrandes au Maître de l’univers, à qui tout appartient et Dieu ne reste insensible, il donne sa bénédiction.

Frères et sœurs, de ce passage, nous pouvons retenir deux enseignements :

  • 1er enseignement : Dieu se moque souvent de la logique humaine. Selon une certaine logique humaine, il devrait d’abord bénir l’aînée, Caïn avant de bénir son jeune frère. Mais nous le voyons ici il bénit Abel, plus loin il bénira Isaac au lieu d’Ismaël, Jacob au lieu d’Esaü, David au lieu d’Eliab…
  • 2ème enseignement : Dieu aime et bénit celui qui donne de bon cœur, celui qui lui donne la meilleur part au lieu du superflu. Le texte nous dit qu’au moment des récoltes, Caïn présenta des produits de son champ à Dieu tandis qu’Abel son jeune frère présenta les meilleurs de son troupeau. En retour, c’est Abel qui est comblé de bénédiction et non son grand frère Caïn. Plus loin, la veuve de Sarepta donnera Elie à manger avec le peu de farine qui lui resta et Dieu fera de sorte que la jarre de farine de finisse jamais. Que dire ? Ce passage nous invite simplement à un examen de conscience. Quand nous donnons à Dieu ou au prochain, sommes-nous mû par l’Esprit d’Abel ou l’Esprit de Caïn. Voyez-vous , si nous sommes mû par l’esprit de d’Abel, nous donnerons la meilleure part à Dieu et si nous sommes mûs par l’Esprit de Caïn, nous ne donnera toujours que de notre superflu. On ne donne pas parce qu’on a, on donne parce qu’on aime. Ste Thérèse de Lisieux, Aimer, c’est tout donner et donner soi même.

La suite du passage nous révèle ce à quoi conduit la jalousie et la rancœur contre Dieu. Devant la bonté de Dieu à l’endroit d’Abel, Caïn est jaloux, il ne reconnait pas la qualité de l’offrande d’Abel par rapport au sien, il en veut à Dieu d’avoir donné sa bénédiction. Mais Dieu ne le laisse pas tomber, il lui donne cet avertissement : « Pourquoi es-tu irrité ? Si tu agis bien tu pourras te redresser », en d’autres termes, je te donnerai ma bénédiction. « Mais si tu agis mal, le péché est accroupi à ta porte ». Mais hélas, Caïn va jusqu’au crime. Malgré tout, Dieu ne l’abandonne pas, il met sur lui sa marque comme pour dire que malgré son crime Caïn, lui appartient.

Cette note finale nous montre jusqu’où vont l’amour et la miséricorde de Dieu. Cette finale nous révèle que même le criminel mérite qu’on respecte sa vie.

Que l’Eucharistie de ce jour, nous obtienne à tous la générosité d’Abel le juste et nous rende miséricordieux à l’image de Dieu notre Père, lui qui nous aime maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !