Lectures : Mc 15, 33-46

Frères et sœurs en Christ que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous,

Dans la mort, un terme est mis à l’existence humaine sous sa forme biologique. Mais cela constitue-t-il un point final ou seulement un passage vers un autre mode d’existence ? Birago Diop dans son poème intitulé souffle répond à cette question en ces termes : (je cite) « les morts ne sont pas morts pas. Ils sont dans le feu qui brûle, dans l’eau qui coule, dans l’enfant qui vagit, les morts ne sont pas morts » (fin de citation). Ce que dit ce poète sénégalais, plusieurs sociétés africaines le partagent. Chez nous au Burkina Faso, beaucoup d’ethnies voient dans la mort le retour au pays des ancêtres. Mais que nous dit la foi chrétienne sur la mort ?

La Parole de Dieu nous enseigne que tout ne finit pas au tombeau avec la mort. Après cette vie brève sur la terre, Dieu nous attend pour une vie d’éternité. Cette vie est décrite par des images de « festin de viandes grasses et de vin capiteux »dans la 1ère lecture, de cité sainte où il n’y a pas de mer dans la 2ème lecture (la mer dans la Bible symbolise l’empire du mal, de Satan et de ses suppôts). Bref ! La mort n’y existera plus. Mais si Dieu destine à ce bonheur au prix même du sacrifice de son Fils comme nous le montre l’évangile, il faut reconnaître que par l’usage de notre liberté nous pouvons refuser ce bonheur et choisir l’enfer et cela dévient irréversible avec la mort. Comme le souligne le pape Benoit XVI dans son encyclique Spe Salvi, « avec la mort  le choix de vie fait par l’homme devient définitif » : c’est le ciel ou c’est l’enfer. Mais au nombre de ceux qui vont au ciel, certains doivent nécessairement se purifier douloureusement mais joyeusement afin de pouvoir s’approcher de la Sainteté absolue qu’est Dieu.

Avant-hier nous avons célébré la solennité de tous les saints. A cette occasion, nous avons fêté la joie de la multitude d’hommes et de femmes parvenue à la sainteté, des personnes qui « ont lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau » comme le dit le livre de l’Apocalypse et qui contemplent désormais pour l’éternité la face du Dieu vivant.

Aujourd’hui en différé, nous commémorons nos fidèles défunts. Nous faisons mémoire de toutes ces personnes qui ont fini leur pèlerinage terrestre qui sont toujours «en route », qui se purifie afin de pouvoir entrer dans la communion des saints.

Frères et sœurs, s’il est important pour nous de penser à toutes ces personnes qui nous sont chères, de penser aux moments forts que nous avons vécus avec elles, il est urgent que nous prions pour eux. Dans l’apparition à Fatima, après avoir montré à Lucie, François et Jacinthe les tourments des âmes du purgatoire, la Vierge Marie a demandé avec insistance aux trois enfants de prier pour ces âmes

Frères et sœurs, notre solidarité à l’endroit de ces personnes que nous aimons et qui sont parties, ne saurait être arrêtée par la mort. Si nous ne pouvons plus les soutenir matériellement, nous pouvons et nous devons continuer à les soutenir par nos prières ferventes. En effet, la prière pour les défunts, les efforts de renoncement en vue d’une vie plus conforme à l’évangile peuvent contribuer à hâter la rencontre avec Dieu de ceux qui sont en cours de purification.

Demandons au Seigneur, de prendre en pitié tous nos fidèles défunts pour qui, son fils Jésus a souffert et mort sur la croix. A lui, Jésus la gloire dans l’Eglise et dans le monde maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !