Archevêché de Bobo-Dioulasso

MESSAGE DE CARÊME 2017Mgr-PAUL-OUEDRAOGO

Marchons vers Pâques par la médiation de Parole de Dieu et la participation aux sacrements

Fils et filles de l’Eglise-Famille de Dieu à Bobo-Dioulasso,

Chaque année, le cycle liturgique nous donne de célébrer l’histoire de notre salut dont le déploiement culmine dans le mystère pascal. Pour vivre convenablement ce mystère de prévenance de Dieu à notre égard, le Carême reste une étape incontournable. Il s’agit d’un temps sacré qui nous permet de nous préparer à entrer dans le mystère de la Résurrection, fondateur de notre foi et principe de notre salut.

Carême 2017 nous rejoint dans notre quotidien et nous présente la résurrection  comme une destination à rechercher de tout notre cœur (cf. Message du pape pour carême 2017). Mais tout comme Pâques et la résurrection, la quarantaine préparatoire au mystère pascalinforme notre vie et la renouvelle de l’intérieur ;de ce fait elle doit interroger tout notre être dans son expression de tous les jours.

Pour correspondre aux attentes de ce temps sacré, nous sommes invités à nous laisser modeler par la Parole de Dieu, lumière sur notre route et lampe sous nos pas (cf Ps 118, 104). La Parole de Dieu nous révèle aussi l’Eucharistie et les sacrements comme force indispensable à la vie chrétienne et dessine les sentiers sur lesquels la conversion doit être entreprise avec urgence durant le carême. Ainsi nous pourrons mieux marcher vers notre vision de toujours qu’est la vie éternelle, et réaliser aussi nos rêves d’ici-bas dans l’amitié avec Dieu.

  1. Se recentrer sur la Parole de Dieu

Tout d’abord, le carême nous invite à mettre au cœur de notre vie, la Parole de Dieu. Cette Parole régit à la fois la prédication et la religion chrétiennes en tant que force de notre foi, nourriture de notre âme et source pure et permanente de notre vie spirituelle (cf. Dei Verbum, 21). C’est donc en Elle que notre vie chrétienne s’enracine, elle qui est permanemment appelée à sacrifier à la volonté de Dieu. Par conséquent,refuser d’accueillir cette Parole, revient à ramer à contre-courant de la volonté divine, à s’éloigner de Dieuet du prochain (cf. Message du pape pour carême 2017).

Recentrer notre vie sur la Parole de Dieu devient donc pour nous, en ce temps de grâce, le chemin le plus sûr pour raviver notre vie chrétienne aux sources même de la foi. Et de fait, si ignorer les Ecriture, c’est ignorer les Christ (Cf. Saint Jérôme), offrir une place de choix à la Parole de Dieu nous conduit véritablement à celui qui dicte à notre conscience droite, les chemins d’une vie plus fraternelle et mieux imprégnée de l’amour de Dieu et du prochain.

Ainsi, le Pape François nous invite durant ce temps de carême 2017 à accueillir la Parole de Dieu comme un don, parce qu’elle ouvre notre cœur à la fois à Dieu et au prochain. Cette exhortation fait suite à sa lettre apostolique Misericordia et misera, où les Saintes Écritures sont présentées comme le lieu privilégié où nous pouvons découvrir au mieux l’inépuisable richesse qui provient du dialogue entre Dieu et son peuple (cf. miséricordia et misera, 7). Faisant nôtre sa proposition d’un dimanche de la Bible en vue de célébrer cette richesse de la miséricorde divine, nous ferons cette année du dimanche 12 mars, deuxième dimanche de carême, le dimanche de la Parole de Dieu.Ce sera pour nous une manifestation de notre volonté commune de mettre au cœur de ce carême 2017, Dieu lui-même à travers sa Parole. Cette célébration sera observée sur tout le territoire diocésain et ses modalités nous sont précisées par la commission de pastorale biblique.

Une telle initiative doit être appropriée par chacun personnellement afin qu’elle atteigne son but ultime qui est de faire réellement de la Parole de Dieu une nourriture spirituelle qui nourrit au quotidien notre âme et nous fait marcher sur des chemins de miséricorde. C’est donc l’occasion pour moi de nous exhorter tous à l’acquisition de Bibles individuelles ou familiales.Il s’agit d’une condition préalable pour que Dieu, dans sa Parole lue et méditée, reste le métronome de ce temps de carême 2017.

  1. Se laisser nourrir par l’Eucharistie et les autres sacrements

Ensuite la Parole de Dieu sur laquelle nous sommes amenés à nous recentrer durant le temps de carême, nous dévoile aussil’importance de l’Eucharistie et des autres sacrements. En effet, nous ne pourrons pas nous laisser imprimer par la Parole de Dieu sans redécouvrir comment l’Eucharistie demeure une source de fécondité chrétienne et ecclésiale. C’est pourquoi, les pères conciliaires de Vatican II ont tenu à préciser que l’Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne »(LG, 11). Pour sa part, le Saint pape Jean-Paul II y voyait la réponse à notre indigence (cf. Ecclesia de Eucharistia). Et de ce fait, le carême est le temps liturgique qui nous met face à notre indigence et en même temps, nous révèle que Dieu seul est au-dessus de tout. Les formules pour l’imposition des cendres sont justement  le rappel de cette indigence et l’invitation à nous tourner vers Dieu : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » ou encore« Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle ».

Ainsi la célébration de l’Eucharistie à laquelle nous participons comble notre indigence en nous indiquant comment l’amour de Dieu nous étreint depuis le commencement jusqu’au Pain Eucharistique, offrande de son Fils. C’est pourquoi le temps de préparation à Pâques nous révèle notre petitesse vis-à-vis de l’amour de Dieu et de sa miséricorde ; aussi, le retour permanent à l’Eucharistie devient-ilpour nous un chemin de noblesse qui nous donne la force de nous relever de nos cendres et de nos torpeurs.

Pour ce faire, je nous invite à participer avec une ardeur jalouse à l’Eucharistie durant ce temps de carême. Et cette année encore, nous célébrerons les 24 heures pour le Seigneur. Il s’agit du reste d’une recommandation du Saint Père à la fin de l’année de la miséricorde. Cette célébration aura lieu du vendredi  24 au samedi 25 mars 2017. Il s’agira, comme l’année dernière, « pour chaque paroisse, chaque aumônerie et institution, de programmer et d’annoncer aux fidèles, aux moins deux (02) heures d’adoration pendant lesquelles les prêtres assureront les confessions. L’heure sera choisie en fonction des fidèles » (Se convertir à la miséricorde, Message de carême 2016).

De même, j’exhorte tous les curés et responsable d’institution à poursuivre jusqu’à nouvel ordre le « baptême pour tous les enfants de 0 à 5 ans et dont au moins un des parents [chrétiens] en fait la demande. Il s’agit notamment des enfants de mères célibataires, des enfants de polygames ou des enfants nés ‘’hors mariage chrétien’’ »(Se convertir à la miséricorde, Message de carême 2016). Au regard des nombreuses grâces recueillies l’année dernière, il m’a semblé qu’en poursuivant l’initiative, nous permettrons à la miséricorde de Dieu d’ouvrir des chemins de réconciliation dans les cœurs et de ramener vers l’Eglise plusieurs familles désemparées par le poids de leur éloignement des sacrements. Pour permettre à tous de tirer le meilleur profit de cette attitude pastorale, les curés et les ministres devront prendre à cœur, de faire de toutes ces célébrations particulières, des moments d’une catéchèse approfondie pour que tous comprennent l’urgence de se convertir à la grâce de Dieu qui n’abandonne personne.

  1. Se convertir à la grâce de Dieu

En outre, carême 2017 ne peut pas se concevoir sans la dimension de conversion. Déjà Saint Matthieu qui nous introduit dans ce temps de grâce le mercredi des cendres, indique trois pistes comme piliers pour ce temps favorable. Il s’agit du partage, de la prièreet du jeune (cf. Mt 6, 1-6.16-18). Ces trois piliers favorisent un quatrième qui est la pénitence. Partage, prière et privation préparent ainsi notre cœur à une vraie pénitence pour une conversion véritable à la grâce de Dieu.

Le carême nous invite aussi à prendre au sérieux l’invitation du prophète Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment(Jl 2, 12). En effet, tout au long de ce carême, nous serons nombreux à entreprendre des pénitences rudes, à assumer nombre de privations. Mais le but de tout cela reste de nous convertir à la grâce de Dieu avec urgence.

Aussi, le carême est-il destiné à nous faire Comprendre que ‘’plus rien ne sera comme avant’’. Ce n’est donc pas un temps de la privation pour la privation ; de la discipline pour la discipline, maisun temps où nous devons nous laisser renouveler par la grâce de Dieu afin d’être plus humains et plus chrétiens. Pour y arriver, prenons des résolutions très concrètes par rapports aux attitudes de ce temps de carême que sont le partage, la prière et les privations (jeûne).

Ces résolutions tourneront aussi  notre regard vers le devoir quotidien et la poursuite de nos rêves personnels et communautaires.

  1. Poursuivre notre rêve, bâtir pour Dieu avec Marie

Enfin, je ne pourrai pas passer sous silence, pendant ce temps de grâce, le projet de réhabilitation de la cathédrale que nous avons relancé depuis le 10 avril dernier. S’il s’agit d’un important projet diocésain, il s’agit aussi d’un rêve à poursuivre ensemble. Le temps de grâce de carême devient alors comme un temps favorable, où chacun, redoublant d’efforts dans le partage avec les autres et avec Dieu, pourra aussi mettre à jour son engagement pour le projet de notre Maison commune de prière.

Nous avons déjà estimé que, pour l’atteinte de ce projet, chacun doit contribuer au nom de son baptême. Je rappelle alors ici que pour chaque adulte, cette contribution est au moins de deux mille (2.000) francs, mille (1.000) francs pour les jeunes et cinq cent (5.00) pour les enfants. En plus, les associations et groupes de prières contribueront avec vingt-cinq (25.000) francs. A tout cela, s’ajoutent la participation des congrégations, communautés chrétiennes et religieuses, et des personnes de bonne volonté.

Depuis le lancement du projet, une grande mobilisation se fait sentir et plusieurs personnes se sont déjà acquittées de leur participation. J’en profite donc pour remercier déjà les uns et les autres. Mais je voudrais aussi que l’ardeur nouvelle de piété qu’offre le carême, dynamise notre générosité pour Dieu en faveur de sa Maison de prière.

Fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu,

Sur le chemin de conversion que nous entreprenons pour monter vers Pâques, Marie, notre Dame de Lourdes, nous attend et nous accompagne. C’est elle qui, comme à Cana, continue de nous pousser sur les sentiers de la volonté de Dieu. Ouvrons notre cœur à sa présence afin qu’à sa prière, nous soyons rendus forts pour vivre saintement, « notre entrainement au combat spirituel ».

Bon temps de carême à tous et à toutes. Bonne montée vers Pâques.

De Lafiaso, ce dimanche 26 février 2017,

Monseigneur Paul Y. OUEDRAOGO,

Archevêque de Bobo-Dioulasso