Convertissons-nous à la miséricorde

Fils et filles de l’Eglise-Famille de Dieu à Bobo-Dioulasso,
1. Le carême, un temps de conversion
Le temps de grâce qu’est le carême s’ouvre une fois de plus devant nous. Il nous est donné par le Dieu de toute miséricorde pour nous apprendre à emprunter des chemins de conversion. Le symbolisme que met en lumière la durée du temps de carême est en lui-même révélateur de cette démarche de conversion. En effet, en nous souvenant au cours de cette période de grâce des quarante jours passés par Moïse sur le Mont Sinaï (cf. Ex 24,18), des quarante années d’Israël dans le désert, des quarante jours de marche du prophète Elie vers la montagne Sainte (cf. 1 R 19,8), des quarante jour de pénitence des Ninivites à l’appel de Jonas (Jon 3,4), des quarante jours de jeûne de Jésus (cf. Mt 4,2) etc., nous réalisons que pour approcher le Seigneur, un effort particulier de conversion nous est demandé à tous.
La conversion à laquelle nous sommes appelés sera surtout axée sur La miséricorde de Dieu. Car, le courage dans l’entreprise de la conversion nous vient du fait que Dieu n’exclut personne du courant de son amour et de sa miséricorde ; lui seul est capable de combattre le manque d’amour et le manque de miséricorde qui minent notre cœur et que souvent nous essayons de justifier pour nous donner bonne conscience.
Dieu nous attend, le cœur et les bras ouverts, car sa miséricorde est plus grande que notre péché. N’ayons donc pas peur de revenir vers lui, de nous tourner vers lui, de nous laisser rattraper et aimer par lui. Pour nous dire cet amour et cette miséricorde, il nous a donné son Eglise avec les sacrements.
2. Les sacrements, notre force dans la lutte pour la conversion à la miséricorde
Dans la fréquentation des sacrements (réconciliation et Eucharistie en particulier), nous trouvons la force pour nous relever de nos fautes et reprendre la route avec Jésus. Avec lui nous pouvons nourrir notre foi, notre espérance et notre charité.
Dans l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne (cf. LG, 11) nous apprenons à nous régénérer constamment car c’est là que Dieu se donne à nous pour la vie avec les autres. Comme produit de la miséricorde de Dieu en son Fils, l’Eucharistie ravive en nous la grâce divine et nous ouvre aux autres. C’est pourquoi, en ce temps de grâce du carême elle est pour nous la nourriture qui renforce notre effort pour la conversion.
Le chemin de la conversion qui nous fait passer par la contrition sincère, le repentir et la reconnaissance de notre faiblesse nous ouvre tout simplement au sacrement qui rétablit notre communion avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres. Et alors le carême, s’il est un temps de conversion, il est une invite expresse à la fréquentation du sacrement de la réconciliation.
A partir de l’Eucharistie et de la réconciliation, tous les autres sacrements et dévotions reprennent une signification renouvelée et deviennent plus expressifs de notre volonté de conversion à la miséricorde. C’est ainsi que dans la rencontre avec les autres, dans la prière partagée avec les membres de notre famille, avec les voisins de notre CCB, avec les frères et sœurs de notre paroisse, nous cultivons la communion pour construire ensemble une fraternité réelle au nom de Jésus et autour de Lui.
Tous les rites et exercices spirituels (prière du chapelet, adoration du Saint Sacrement, chemin de croix, participation à la messe, etc.) auxquels nous nous soumettrons plus assidument durant ces quarante jours et qui nous rapprochent de Dieu, doivent nous donner la force pour poser des gestes de miséricorde qui nous feront ressembler à Dieu notre Père qui n’est que miséricorde et amour. En effet, il nous a donné des frères et des sœurs à aimer et qui doivent retrouver en nous la figure de Jésus qui, lui-même, est le « visage de la miséricorde du Père ».
N’ayons donc pas peur de l’Eglise qui est la maison et la communauté où nous pouvons expérimenter la bonté et le pardon de Dieu. Convertissons-nous au Seigneur de toute miséricorde pour accueillir de façon particulière, en cette année Sainte, les grâces et les prévenances de ce Dieu qui ne cherche qu’une chose : nous accorder sa miséricorde pour que nous reprenions vie de la Vie Nouvelle qui permettra à nos familles, à nos CCB, à notre famille paroissiale de renouer avec la Joie de la concorde, de la Réconciliation et de la Paix.
3. « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » (Mt 9, 13)
Le pape François dans son message pour le carême 2016, nous invite tous et toutes à écouter attentivement ce Dieu qui nous fait miséricorde et qui nous dit : « C’est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices » (Mt 9, 13). Il invite de ce fait à la pratique des quatorze œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle.
Je l’ai déjà dit, nos manques d’amour et de miséricorde, nous pouvons toujours les justifier et alors nous restons enclins à penser que nos rites et les prières que nous accomplissons suffisent à nous donner bonne conscience. Mais en ce temps de carême 2016, ouvrons notre cœur et nos bras.
 Des personnes espèrent notre pardon et notre miséricorde pour retrouver la joie de la réconciliation et de l’unité. Ce sont des membres de notre famille humaine, des voisins, ce sont des membres de notre famille ecclésiale, de notre équipe, de notre communauté.
 Des personnes comptent sur notre compassion et notre solidarité. Elles attendent un sourire ou des gestes d’amitié et de partage ;
 Des personnes espèrent ne plus être oubliées ni marginalisées par notre indifférence : ce sont des malades, des prisonniers, des personnes âgées, des personnes vivant avec un handicap.
A ces œuvres de miséricorde, s’ajoutent, pour notre famille diocésaine, les dispositions suivantes non seulement pour ce temps de carême mais pour toute l’année Sainte de la Miséricorde :
1. Le baptême pour tous les enfants de 0 à 5 ans et dont au moins un des parents en fait la demande. Il s’agit notamment des enfants de mères célibataires, des enfants de polygames ou des enfants nés « hors mariage chrétien »

2. L’adoration et la confession durant les 24 heures pour le Seigneur du vendredi 4 au samedi 5 mars 2016 dans toutes les paroisses, aumôneries et institution diocésaines.
Il s’agira concrètement pour chaque paroisse, chaque aumônerie et institution, de programmer et d’annoncer aux fidèles, aux moins deux (02) heures d’adoration pendant lesquelles les prêtres assureront les confessions. L’heure sera choisie en fonction des fidèles. Le pape compte ainsi offrir au Seigneur et pour le monde, 24 heures d’adoration et de confession sur notre planète en ses différents fuseaux horaires. Les curés et responsables d’institution feront remonter au secrétariat de l’archevêché, les horaires fixés à leur niveau.

3. Le pèlerinage et le passage de la « Porte Sainte » à la cathédrale Notre Dame de Lourdes et au Sanctuaire diocésain Notre Dame de la Salette. Ce pèlerinage peut être organisé en groupe, en famille ou personnellement.

4. Avec Marie, chanter le Magnificat pour la miséricorde de Dieu
Fils et filles de l’Eglise-Famille diocésaine,
Laissons la miséricorde de Dieu transformer notre cœur et le magnificat retentira plus fortement dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos communautés, paroisses et institutions. Pour ce faire, nous devons apprendre à mieux découvrir Marie, la Mère de la Miséricorde. Elle nous apprend et nous enseigne que là où l’homme sait reconnaitre sa fragilité et sa petitesse, Dieu est capable de réaliser de grandes merveilles. Alors avec elle nous pourrons entonner le Magnificat.
Comme Marie, laissons-nous transformer et convertir à la miséricorde de Dieu. Confions-nous à elle ; sa prière et son intercession toute puissante nous guident sur les chemins de notre conversion et de notre résurrection véritable à Pâques.
Heureux et fructueux temps de carême à tous.
De Lafiaso, 2 février 2016.

Mgr Paul Y. OUEDRAOGO
Archevêque de Bobo-Dioulasso