Introduction

Mes frères, mes sœurs,

Nous voici réunis en église, ce dimanche 06 octobre pour une demi-journée de récollection communautaire pour le temps de l’Avent et pour l’année de la miséricorde. Le thème de la récollection est le suivant : « Avec Marie, accueillons le Messie, Prince de la Miséricorde ». Parmi nous, il y en a peut-être qui sont à leur première expérience de récollection. Ces gens se demandent et avec raison : qu’est-ce que les prêtres de la cathédrale nous fabriquent encore ? Nous connaissons la messe, les marches de carême mais la récollection, qu’est-ce que c’est ? Pourquoi ne pas faire la messe dominicale comme d’habitude et partir à la maison se reposer ou s’occuper utilement, pourquoi faire une récollection ? Je voudrais commencer cet entretien à leur expliquant, ce qu’est une récollection et pourquoi il est nécessaire de faire une récollection. Après cela nous entrerons au vif du sujet en parlant du temps de l’Avent dans lequel nous sommes entrés il y a maintenant une semaine et de l’Année de la miséricorde dont nous célébrerons le mardi 08 décembre l’ouverture solennelle à Rome et le dimanche 13 dans notre diocèse, à la cathédrale.

  1. la récollection
  • Signification de la récollection

« L’action de revenir », de retourner sur soi-même pour se recueillir, c’est ce que le dictionnaire donne généralement comme définition du terme « récollection ». La récollection est le temps pour se visiter soi-même, et pour faire un bilan de la direction générale de sa vie. La récollection, c’est le temps qu’on se donne à soi-même pour revenir à l’essentiel à son histoire personnelle, à sa vie sur la terre, à ses échecs mais aussi à ses succès, à ses projets de vie, son avenir avec Dieu.

Comme dans un mécanisme ordinaire, une moto par exemple, il faut souvent tirer la chaîne, nettoyer la bougie, contrôler le carburateur, graisser ceci, serrer cela, et que sais-je encore ?

Vous connaissez les retraites : retraite charismatique, retraite des baptizandi, des confirmands. Une récollection est une petite retraite.

  • Pourquoi faire récollection

Un adage dit que celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura pas où il va. Et ce que c’est adage dit est vrai. Quand par exemple on se perd dans la brousse ou peut-être même dans la ville, et qu’on a perdu tout repère, et qu’on ne sait plus d’où est-ce qu’on est venu, si on est venu de l’Est, où de l’Ouest, du sud et où du nord. Et si on ne peut indiquer, là où le soleil se lève et là où il se couche, alors il est vraiment très difficile de pouvoir connaitre là où on va. Pour connaitre là où l’on va, il faut s’arrêter pour repérer d’où on est venu alors on pourra connaitre là où on va. La récollection est le temps de la halte pour s’assurer qu’on est vraiment dans le bon chemin.

Prenons une illustration : un jeune couple

Voici un jeune couple le jour du mariage. Lui, vesté, cravaté, donc très beau et elle, toute parée dans robe de mariée, rouge à lèvre, crayon, mèche, talons et que sais-je encore, de toute façon vous en savez mieux que moi, en tout cas toute jolie. Ils jurent l’un à l’autre et à haute voix, sous les applaudissements de l’assemblée, de s’aimer fidèlement et pour toujours, dans le meilleur et pour le pire. Tout le monde est heureux du spectacle et du témoignage qu’ils donnent à leur amour. Et le temps passe. Cinq mois, cinq ans, et bagages dehors, et séparation, et larmes, et malheur. Le temps a passé et ils ont changé. Je peux avoir dévié avec le temps de mes options de vie. Toi aussi avec le temps tu peux avoir dévié de tes options de vie.

En tant que baptisé, le temps de la récollection peut être le temps pour moi de réfléchir sur ce que j’ai fait de mon baptême. Oui avant de recevoir le baptême quand je faisais la catéchèse, je sentais tout au fond de moi le désir intense d’être avec Dieu. Je me disais si je reçois le baptême, je ne m’éloignerai pas de l’Eglise. Je serai chaque dimanche à la messe et à la maison je montrerai fidèle à la prière. Je me disais aussi quand je recevrai l’Esprit Saint à la confirmation, comme les disciples je serai fidèle à Jésus. Je témoignerai de lui devant mes frères, à l’Eglise, à la maison, au service. Je serai engagé dans l’Eglise comme choriste, comme lecteur, comme catéchiste, comme membre du service d’ordre. Je préférai mourir plutôt que laisser tomber Jésus, que de me séparer de lui. Quand je me marierai, je ferai tout pour rendre mon époux, mon épouse, mes enfants heureux. Je serai fidèle à ma femme, je ferai fidèle à mon époux. Quand je ferai mes vœux, comme Marie, je serai toujours au pied du Maître pour écouter sa parole, comme la Vierge Marie, je garderai toutes ses paroles dans mon cœur et je les méditerai. Quand je serai ordonné prêtre, je serai disponible à Dieu, je vivrai la chasteté dans la continence parfaite, je serai plus proches des pauvres, des malades, des laisser pour compte, des désespérés de la vie.

Hélas ! Je suis devenu prêtre mais quelle est ma vie présente devant mon Dieu, lui devant qui tous mes masques tombent, lui qui sonde mon cœur, qui connait toutes mes pensées. Tu es devenu homme ou femme marié, chrétien baptisé, confirmé quelle est ta vie aujourd’hui devant ton Dieu ? Es-tu vraiment celui ou celle que tu as rêvée être ? L’aventure de la vie ne t’a-t-elle pas conduit loin de cet idéal de vie que tu as tant rêvé ? La recherche de l’argent, des plaisirs de la vie, de la gloire humaine, de la puissance, les difficultés de la vie, la peur de l’avenir, la maladie, la pauvreté, le chômage, la quête d’une vie de foyer normal ne t’ont pas conduit loin du Christ ? Il est nécessaire de prendre du temps pour se poser les vraies questions de la vie, pour poser les vraies questions sur sa vie avec Dieu, sur sa vie avec le prochain.

La récollection est aussi un temps de prière, de cœur à cœur nécessaire pendant les temps forts de la vie. Dans les évangiles, nous voyons Jésus avant les temps forts de sa vie se retirer  loin du monde pour prier. C’est ce qu’il fait au début de sa mission avant de choisir ses disciples. C’est ce que saint Luc nous montre dans son évangile « En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier. Il passa la nuit à prier. Quand le jour se leva, il appela ses disciples. Il en choisit douze qu’il nomma ses apôtres » (Lc 6, 12-13). Pour bien vivre les temps forts comme l’Avent et le Carême l’Eglise nous conseille autant que possible de faire récollection.

Notre récollection de ce jour, se veut à la fois une récollection pour le temps de l’Avent et pour l’année de la miséricorde qui va commencer bientôt, dans le temps de l’Avent. Voici le thème de la récollection : « Avec Marie, accueillons le Messie, Prince de la Miséricorde ».

Pour traiter ce thème, nous allons d’abord découvrir ensemble ce qu’est le temps de l’Avent et ce qu’est que l’année de la miséricorde. Ensuite nous verrons comment vivre ces deux événements importants de notre vie.

  1. Le temps de l’Avent
  • Le temps de l’avent qu’est-ce que c’est ?

Le temps de l’Avent est le temps liturgique qui commence 4 dimanches (pas 4 semaines) avant Noël. C’est un temps durant lequel les chrétiens attendent la venue du Fils de Dieu. Si tous les chrétiens attendent cette venue du Christ, ils ne l’attendent pas tous de la même manière ? Pour certains, le temps de l’Avent est un temps comme les autres : il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ceux qui pensent ainsi n’attendent rien et par conséquent ils vivent le temps de l’Avent comme ils vivent les autres temps. Pour d’autres, c’est l’attente de la fête de Noël : le Christ est déjà venu et durant le temps de l’Avent, on se prépare simplement et seulement à célébrer l’anniversaire de sa venue. Ceux-là font du temps de l’Avent, un temps de préparation mais de quelle préparation s’agit-il ? Préparation de fête ? Achat de pagne de noël ?  Tresses à innover ? Programme à tracer ? Invitation à faire ? Face ces conceptions trop profanes et étriquées, quelle est la compréhension chrétienne du Temps de l’Avent ?

L’Avent est la période durant laquelle les fidèles chrétiens se préparent à vivre le triple avènement du Seigneur :

  • Le 1er avènement : sa naissance à Bethléem il y a maintenant plus de deux mille ans. On se prépare à célébrer l’anniversaire de cet événement.
  • Le 2ème avènement : sa venue dans les cœurs par la grâce et les sacrements. Ce n’est plus seulement une préparation à commémorer un événement du passé, mais une actualité. On se prépare de façon spéciale pour accueillir qui vient quand nous écoutons la Parole de Dieu et quand nous célébrons dans l’Eglise les sacrements.
  • Le 3ème avènement est son retour glorieux à la fin des temps.

Ainsi donc le temps l’Avent ne concerne pas seulement le passé mais le présent et l’avenir aussi.

  • L’attitude spirituelle du temps de l’Avent

Le temps de carême, nous le savons est un temps de pénitence et beaucoup d’opportunités nous sont données pour vivre ce temps : il y a le jeûne, les chemins de croix tous les vendredis, les marches de carême. Mais pour le temps de l’Avent beaucoup sont encore à se demander qu’est-ce qu’il faut faire au juste. En s’appuyant sur la Parole de Dieu, on peut retenir quatre (04) attitudes :

La 1ère attitude est la vigilance : cette attitude est surtout soulignée à 1a 1ère semaine du Temps de l’Avent. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous paraîtrez debout devant le Fils de l’homme nous dit Jésus.

La 2ème attitude est la préparation : nous entendrons l’évangile nous dire aujourd’hui : « A travers le désert, une voix crie préparer le chemin du Seigneur. Cette voix nous invite à préparer nos cœurs pour accueillir Jésus qui vient. Si autrefois on n’a pas eu de la place pour Jésus dans les salles communes de la ville, aujourd’hui c’est dans les cœurs des hommes que Jésus n’a pas de place. Nous cœurs  des choses du monde, des désirs de toutes sortes sauf du désir de Dieu. Il nous faut vider nos cœurs pour que Jésus par sa venue les remplisse de sa présence.

La 3ème attitude est celle de la joie : c’est le thème du troisième dimanche de l’Avent. Après s’être préparé à accueillir Jésus, il nous faut nous ouvrir à la joie qu’il apporte : « Eclate en ovation ! Réjouis, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem ». Telles sont les paroles du prophète Sophonie qui nous invite à la joie. Nous avons des difficultés dans la vie, des soucis quotidiens mais le prophète nous invite à la joie car la joie de la venue du Fils de Dieu ne concerne pas seulement un instant mais l’éternité.

La 4ème attitude est celle de l’écoute. Ce dernier point est important car c’est par notre écoute attentive que nous serons transformés à l’image de celui qui vient, à l’image de Jésus. Marie a prêté une oreille attentive à la voix de Dieu et elle est devenue la mère de Jésus. Un jour une femme dans l’assemblée éleva la voix pour dire à Jésus : « Heureuse la femme qui t’a enfanté et t’a nourri de son sein » et Jésus de répondre : « Heureux celui qui écoute et fait la volonté de mon Père ». Dans un autre passage, on lui dit : « voici que ta mère et tes frères sont là dehors, ils t’attendent. Et Jésus leur dit : «  Qui est ma mère et qui sont mère » et il ajoute : ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique sont mes frères et mes sœurs ».

Pour nous résumer : voici, ceux à quoi le temps de l’Avent nous invite : à la vigilance, à la préparation,  à la joie et à l’écoute.

Ceux qui ont préparé la 1ère venue de Jésus ont adoptés ces attitudes. Ils ont été les grands témoins de la vigilance, de la préparation, de la joie et de l’écoute :

Les grands témoins de l’attente de la venue du Christ sont le prophète Isaïe, Jean Baptiste et Marie.

Le prophète Isaïe exprime l’espérance messianique, il annonce la naissance de l’Emmanuel. Il incarne à la fois la préparation de Dieu et les désirs de l’humanité.

Jean Baptiste annonce la venue proche du messie et il invite à un baptême de conversion pour s’y préparer. Il est le précurseur. Dès son enfance, puis adulte, il désigne Jésus

Marie accepte d’être la mère du messie. Elle est le symbole de l’habitation de Dieu en nous.

De ces quatre figures, Marie est celle qui a su mieux vivre ce temps. Voilà pourquoi, dans notre thème est intitulé comme suit : Avec Marie, accueillons le Messie, le Prince de la miséricorde. Si ces quatre attitudes sont propres au temps de l’Avent, quelle l’attitude spécifique de ce temps de l’Avent dans lequel s’ouvrira l’année de la miséricorde ? Qu’est-ce que l’année de la miséricorde ?

  • L’année de la miséricorde

Cette année, le temps de l’Avent revêt un caractère particulier parce que c’est durant ce temps qu’il y aura l’ouverture de l’année de la miséricorde tant au niveau de l’Eglise Universelle qu’au niveau de notre diocèse. En effet au niveau universel, le pape François a choisi la date du 08 décembre pour l’ouverture de l’année de la miséricorde. Le choix de la date n’est pas fait au hasard. C’est en lien avec deux événements célébrés ce jour-là que cette date a été retenue: – le 1er, c’est la solennité de l’Immaculée Conception de Marie. En effet, la première Eve a fait venir dans le monde le péché et Marie la Nouvelle Eve a fait venir au monde la Miséricorde Insondable de Dieu, Jésus-Christ. Que Marie à sa naissance soit déjà préservée du péché voici l’expression de la miséricorde de Dieu.

– le 2nd élément est le jubilé du cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile Œcuménique Vatican II. Le concile a fait de grandes ouvertures (par exemple la messe célébrée dans nos langues, le prêtre ne fait plus dos à l’assemblée mais face à la foule).

Le pape a voulu que chaque évêque dans son diocèse ouvre l’année de la miséricorde le dimanche prochain, le 13 décembre. La célébration de l’année de la miséricorde se déroule dans notre paroisse, à la cathédrale. L’année de la miséricorde qui s’ouvre le 08 décembre, à la solennité du Christ Roi de l’Univers sera close le 20 novembre 2016, à la solennité du Christ Roi de l’Univers. On peut se poser la question pourquoi le pape institue-t-il une année de miséricorde. Quel est le but poursuivi

  • Le but de l’année de la miséricorde

Le pape veut nous faire découvrir ce qu’est la miséricorde de Dieu. Nous entendons très souvent dire que Dieu est miséricordieux, nous le disons très souvent nous chrétiens, mais aussi les non-chrétiens aussi le disent souvent. Mais qu’est-ce que la miséricorde ? En partant de la parole de Dieu, le pape nous montre que la miséricorde de Dieu se manifeste par le pardon qu’il accorde. Par exemple le Psaume 103 dit de Dieu « qu’il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie, qu’il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse ». Ce que le psaume dit au sujet de la miséricorde de Dieu, Jésus le rend visible dans les évangiles à travers ses paroles et ses actes : il rassasie la foule, guérit les malades, pardonne les péchés et ressuscite des morts. Jésus nous révèle aussi que la miséricorde n’est pas seulement l’agir du Père, la miséricorde est le signe distinctif qui nous permet de comprendre qui sont les véritables du Père. En résumé, nous sommes invités à vivre la miséricorde parce qu’il nous a été fait miséricorde. Nous devons donc renoncer à la rancœur, à la colère, à la violence et à la vengeance. «  Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » dit Saint Paul aux éphésiens.

Le pape François adresse un discours aux prêtres confesseurs afin qu’ils soient facilitateurs du sacrement de la réconciliation. Ils leur donne aussi le pouvoir tous les péchés même réservés.

En un mot, le pape voudrait que cette année, nous puissions découvrir la miséricorde de Dieu, que nous puissions nous ouvrir à la miséricorde de Dieu en recevant la miséricorde de Dieu. Qu’en recevant la miséricorde de Dieu, nous soyons nous aussi à notre tour des témoins de la miséricorde. Mais comment nous ouvrir à la miséricorde de Dieu et comment en être le témoin ?

  • On s’ouvre à la miséricorde de Dieu par le sacrement de la réconciliation

Nous pouvons bénéficier de la miséricorde de Dieu, à travers les sacrements de l’Eglise : le baptême efface nos péchés et nous fait renaître dans le Christ. L’eucharistie où nous accueillons en nous l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. L’onction des malades où le malade reçoit à la fois le pardon et la force pour unir sa souffrance à celle du Christ et  le sacrement de la réconciliation. Au nombre de tous ses sacrements la confession sacramentelle est  le plus grand sacrement où Dieu manifeste sa miséricorde. C’est le sacrement par lequel Jésus a voulu passé pour nous obtenir la miséricorde de Dieu.

Le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation ou encore la confession sacramentelle

Quelques temps après sa transfiguration, Jésus avait fait une promesse à ses apôtres : celle de leur donner  le pouvoir de pardonner les péchés. Il leur avait dit : « Vraiment, je vous le dit : tout ce vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre, sera délié dans le ciel » (Mt 18, 18).

Cette promesse s’est réalisée dans l’institution du sacrement de la pénitence le soir même de la résurrection du Christ quand il a dit à ses apôtres : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 22-23). Si Jésus veut sauver les pécheurs que nous sommes par tous les sacrements qu’il a lui-même institué, c’est surtout par le sacrement de la réconciliation qu’il veut nous sauver du péché.

Des obstacles dans le vécu du sacrement de la réconciliation

Beaucoup se trompent quand ils disent : « Si Dieu écoute ma prière, pourquoi ne pas m’adresser directement à lui pour lui confesser mes péchés ? Pourquoi avoir recours à un prêtre qui peut-être est plus pécheur que moi ? » Jésus qui a institué ce sacrement savait bien que tout homme peut s’adresser directement à lui mais il a voulu tout de même que les hommes passent par un intermédiaire humain, un pécheur comme ses frères, le prêtre et par la confession sacramentelle pour obtenir la rémission de leurs péchés. Ceux qui entretiennent de telles pensées se trompent gravement ou ils sont trompés gravement par le démon de l’orgueil. Pour se confesser, il  faut l’humilité. Dieu se penche vers les humbles, les petits.

Le prêtre est pécheur. De lui-même, il ne peut rien. Mais ici précisément, il n’agit pas par son propre pouvoir, c’est par le pouvoir du Christ, il agit au nom du Christ ou plutôt c’est le Christ Jésus qui agit à travers lui pour nous donner le pardon de nos péchés. Si le prêtre est menteur, voleur, arrogant, coureur de jupon, cela n’engage que lui. Il sera jugé demain en fonction de ce qu’il est et de ce qu’il a reçu. Mais cela n’enlève  absolument rien à la valeur du pardon qu’il donne au nom du Seigneur Jésus. Même le pape François se confesse assez souvent chez des prêtres bien qu’au niveau hiérarchique, il soit le supérieur de leur supérieur. Souvent on a honte du prêtre. Or ce n’est pas du prêtre qu’il faut avoir honte. Il faut surtout avoir honte d’être malmené  par le diable à tel point qu’on ne soit plus à mesure de pouvoir confesser humblement ses péchés au Seigneur. Si c’est le prêtre, il est pécheur et peut-être qu’il a déjà commis un péché pire que ce que vous allez confesser et puis, il a acquis de l’expérience dans ce domaine. Peut-être que celui qui vous a devancé a raconté les mêmes péchés que vous. Vous ne risquerez donc pas de le scandaliser. Et vite intérêt d’oublier les péchés ne pas avoir des migraines.

Comment vivre pleinement le sacrement de réconciliation ?

Pour vivre pleinement le sacrement de la miséricorde, il faut avoir la contrition de ses péchés. Il s’agit de reconnaître l’état de misère dans lequel le péché nous a conduits.

–        la contrition : c’est le regret sincère de ses péchés, se sentir mal parce qu’on a commis un acte mauvais, parce qu’on a trahi l’amour d’un Dieu, détester l’acte commis et avoir à cœur le désir ferme de ne plus commettre ce péché dans l’avenir. Dans la Bible, le psalmiste l’exprime : « pitié pour moi, mon Dieu dans ta grande bonté, ce qui est mal à tes yeux, moi je suis né dans le péché » (Ps 50)

–        La confession des péchés : il faut dire si possible tous les péchés qu’on a commis et surtout les péchés mortels commis. Si on peut donner le nombre de fois le faire. Si on choisit de sauter un péché, toute la confession est nulle.

–        L’absolution : la prière dite par le prêtre qui s’achève par la rémission des péchés au nom de la Sainte Trinité

–        La satisfaction : la satisfaction consiste à accomplir la pénitence proposée par le prêtre.

Abbé Ema Edmond OUEDRAOGO