Aujourd’hui, 2ième dimanche de Pâques, nous clôturons donc l’octave de Pâques par la fête de la divine miséricorde. Cette année, cette fête revêt une importance particulière, vu que nous sommes en pleine année jubilaire dédiée à la miséricorde. Ce jour est propice pour méditer et prendre davantage conscience de 3 vérités et à répondre à 2 questions :
1ière vérité : Nous avons grandement besoin de la miséricorde de Dieu.
2ième vérité : Dieu veut de tout cœur nous faire miséricorde.
3ième vérité : Nous avons un devoir de miséricorde.
1ière question : Comment accueillir la miséricorde de Dieu ?
2ième question : comment être miséricordieux ?

Je ne vais pourtant pas me lancer dans un développement systématique de chacun de ces 5 points. J’espère néanmoins que tout ce que je vais dire aidera à trouver réponse à l’une ou l’autre de ces questions et à prendre effectivement conscience de l’une ou l’autre de ces vérités.
Rappelons avant tout que cette fête de la miséricorde divine, fixée au 2nd dimanche de Pâques a été instituée par le Saint Pape Jean-Paul II, le 30 avril 2000. A cause de l’institution de cette fête, et pour bien d’autres choses, on avait commencé à appeler le pape Jean-Paul II, de son vivant, « le Pape de la miséricorde ». Et comme pour confirmer cette fête et cette appellation, il a plu à Dieu de rappeler à lui son serviteur, le Pape Jean-Paul II, précisément le jour de la fête de la miséricorde divine (aux premières vêpres). C’était le 5 avril 2005. Plus tard, ce sera encore le jour de la fête de la divine miséricorde qu’il sera canonisé, en même temps que le Pape Jean XXIII. C’était le 27 avril 2014.
L’institution de la fête de la divine miséricorde fait suite aux révélations de Jésus lui-même à Sr Faustine Kowalska, une sainte polonaise (compatriote de St Jean Paul II). Nous savons tous que l’Eglise est très réservée sur la question des révélations privées. Mais si l’Eglise a fini par authentifier les révélations privées à cette religieuse polonaises, c’est qu’au bout des minutieuses investigations, il s’est avéré que tout ce qu’elle disait avoir reçu comme révélation concernant la miséricorde est absolument conforme à toute la doctrine de l’Eglise, notamment aux Sainte Ecritures. En effet, d’un bout à l’autre de la Bible, la face miséricordieuse de notre Dieu transparaît clairement et son appel à la miséricorde est sans équivoque. De ce fait, on a pu dire que la miséricorde est l’un des principaux attributs de Dieu. Il n’est donc pas étonnant que le Pape François ait décrété une «année jubilaire » pour célébrer la miséricorde.
Nous sommes bien dans cette année jubilaire de la miséricorde depuis quelques mois et ce jour peut être considéré comme l’un des sommets de cette année sainte. Puissions-nous, aujourd’hui et tout au long de cette année, puiser abondamment à la source intarissable de la miséricorde de Dieu et en être les joyeux témoins.
Et puisque nous sommes en plein temps pascal, la parole de Dieu de ce jour, surtout l’Evangile nous présente Jésus ressuscité. D’après l’évangéliste Saint Jean, cette apparition de Jésus ressuscité est la deuxième après l’apparition à Marie Madeleine. Il s’agit, aux yeux des Apôtres, d’une preuve sans équivoque de la résurrection de leur maître et cela ne restera pas sans effet dans leur vie. Mais allons considérer quelques paroles de Jésus ressuscité :
1. « La paix soit avec vous ! ». Ce sont là les premières paroles de Jésus ressuscité à ses Apôtres. Il s’agit d’une salutation, mais surtout d’un don, car si la salutation des hommes n’est que l’expression d’un souhait, la salutation de Dieu est efficace. La paix est donc, d’après cet évangile, le premier don de Jésus ressuscité à ses Apôtres. Et si Jésus ressuscité donne la paix aux siens, c’est qu’en ce moment précis, la paix était ce dont ils avaient le plus besoin, eux qui étaient justement agité, inquiets, apeurés, découragés, déçus, désorientés après la mort tragique de leur maître.
Quand Jésus leur dit « La paix soit avec vous », il disait en fait : ne soyez pas agités, ne soyez pas inquiets, que votre esprit soit serein.
Ce n’est pas la première fois que Jésus fait aux Apôtres, le don de la paix. Le fait de réitérer ce dont nous en dit long sur son importance. Bien avant sa passion et sa mort, il leur avait déjà donné la paix avec un avertissement : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne (…), Je vous le dis maintenant avant que cela n’arrive, pour qu’au moment où cela arrivera vous croyiez » Jn 14, 27-29. Jésus savait bien ce qui leur arriverait pendant sa passion.
Et pourtant, le besoin de paix pour les Apôtres ne se limitait pas à cet instant, à ce moment précis de leur vis (Pendant et juste après la passion ). Jésus savait qu’ils en avaient besoin pour toute leur vie, surtout quand ils rencontreraient de la résistance et des persécutions dans leur mission. C’est pourquoi, il leur avait déjà dit : « Je vous ai dit ces choses pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde ». Jn 16, 33.
Il est clair aussi que Jésus veut cette paix, pas seulement pour ses Apôtres, mais aussi pour ceux à qui la Bonne Nouvelle serait annoncée. En envoyant les 72 en mission pour la première fois, Jésus leur avait dit : «En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « paix à cette maison ». Lc 10, 5.
Au fil des siècles, l’Eglise est restée consciente de l’importance et de la nécessité de la paix que seul le Christ peut donner et cette conscience se reflète surtout dans la liturgie. Considérez seulement le nombre de fois où le prêtre, au nom du Christ, dit : « La paix soit avec vous ».
Frères et sœurs, dans notre monde déchiré par les guerres, le terrorisme, les désirs de vengeance et les querelles de tous genres, le besoin de paix est partout palpable. Sachons-le, la vraie paix, c’est le Christ qui la donne, et il veut la donner comme signe de la miséricorde du Père. En se jour, implorons de tout cœur cette paix, et sachons l’accueillir puisque Jésus nous la donne. Sachons l’accueillir et sachons la transmettre, en étant artisans de paix.
2. La deuxième phrase de Jésus ressuscité à ses Apôtre, d’après ce texte est : « Recevez l’Esprit saint ». Encore un don. Ce don fait jadis aux Apôtres est actualisé pour chacun de nous le jour de sa confirmation et se renouvelle chaque année à Pentecôte. Le temps pascal nous prépare justement à Pentecôte qui en est la culmination. L’Esprit Saint est le meilleur fruit de la résurrection. Alors que nous préparons Pentecôte, commençons à invoquer cet Esprit Saint. Ravivons les connaissances que nous avons de lui. Cherchons à le connaître davantage et surtout, disposons-nous à nous laisser mouvoir par lui. C’est lui qui nous dira quel type de témoignage nous avons à donner, c’est lui qui nous donnera la force et le courage de rendre ce témoignage pour que, encore aujourd’hui, « des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhèrent au Seigneur par la foi » (cf 1iere Lecture).
3. Troisième parole de Jésus ressuscité : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchées, ils lui seront remis… » Encore un don. Le don d’un pouvoir divin : celui de pardonner les péchés. C’est ce pouvoir qui s’est exercé et manifesté au fil des âges, jusqu’à nos jours à travers le sacrement de la réconciliation. C’est sans doute le plus important des moyens par lesquels Dieu exerce sa miséricorde. Une des meilleures manières de célébrer la divine miséricorde, serait que chacun décide aujourd’hui de se confesser cette semaine et/ou de le faire plus souvent au cours de cette année. Que l’Esprit Saint vous donne le courage de cette décision.
4. Considérons enfin cette autre parole de Jésus ressuscité : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Il y en a qui, non sans raisons, apprécient l’incrédulité de Thomas. Ils disent que cette incrédulité de Thomas valu, à lui et aux autres, une autre apparition, une autre preuve de sa résurrection. Oui, grâce à l’incrédulité de Thomas, les Apôtres et toutes les générations futures ont « eu droit » à une apparition de plus, une preuve supplémentaire de la Résurrection. Mais la préférence de Jésus est claire : « que nous croyions sans avoir vu ». Alors, croyons, même s’il ne nous est pas donné de voir. Ce n’est pas croire dans le vide, car notre foi est fondée sur le témoignage des Apôtres qui, eux, ont vu. En fait, il est plus facile pour nous de croire sans avoir vu, puisque nous avons le témoignage des Apôtres. Eux avaient besoin de voir pour être témoins.
Il y a encore beaucoup d’autres choses que l’ont pourrait dire sur la parole de Dieu de ce jour. Mais, celles-là ont été dites « afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. » Alors, croyez-vous vraiment ? Si oui, eh bien, que par votre foi, la vie vous soit donnée, au nom de Jésus Christ qui vit pour les siècles des siècles. Amen.

Abbé Justin K SAWADOGO