Textes du jour : Ac 15, 1-29 ; Ps 67 ; Ap 21, 10-14. 22-23 ; Jn 14, 23-29

Bien-aimés de Dieu, que la Paix du Christ Ressuscité demeure toujours en vous. L’Eucharistie de ce 6ème dimanche de Pâques nous prépare à l’ascension et à la Pentecôte. Nous vivons déjà l’ultime instant avant le retour de Jésus-Christ vers le père et la venue de L’Esprit Saint dans le monde. Le récit de l’Evangile que nous venons d’entendre à cet effet, pourrait être considéré comme le testament spirituel qu’un Père laisse à ses enfants. Jésus va bientôt quitter les siens, il commence à les préparer à la nouvelle relation qu’ils devraient désormais vivre entre eux et dans le monde. Au cœur du testament du Christ se trouve l’Amour, la Paix et surtout l’Esprit Saint. C’est l’essentiel de l’héritage que le Christ ressuscité nous laisse avant sa monté vers le Père. Comment devons-nous accueillir et prendre soin de cet héritage que constituent l’Amour et la Paix dans l’Esprit Saint ? Je voudrais que nous méditions aujourd’hui sur le rôle et le caractère essentiel de cet héritage que Jésus a bien voulu laisser aux chrétiens de tous les temps. Il s’agit de l’Amour et de la Paix dans l’Esprit Saint. A quoi tout cela nous engage aujourd’hui ?

Commençons par l’Amour : «si quelqu’un m’aime dit Jésus, il restera fidèle à ma Parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Chers frères et sœurs, rappelons-nous, dimanche dernier, Jésus nous avait signifié que l’amour était le signe distinctif des chrétiens dans le monde. « Tous reconnaîtrons que vous êtes mes disciples à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » avait dit Jésus. Aujourd’hui, il ajoute que celui qui l’aime, devra toujours garder sa Parole de sorte que lui et son Père continuent d’être chez lui. Oui, désormais, Dieu demeure parmi nous, si nous sommes capables d’aimer en accueillant sa Parole. Où sont amour et charité, Dieu est toujours présent chantons-nous. De ce fait, frères et sœurs, si nous voulons avoir Dieu avec nous, apprenons à nous aimer sincèrement dans nos familles et dans nos maisons. Et l’amour que Jésus attend de son Eglise, doit déborder le cadre de nos maisons, de nos familles et surtout de nos ethnies ou de nos cultures. Car, partout où il y a discrimination ethnique ou culturelle, là il y aura toujours mésentente et division. Même l’Eglise ne fait pas exception en la matière. Lorsque dans l’Eglise du Christ, une culture ou une ethnie tend à s’imposer au détriment de l’amour du Christ et des autres cultures ou ethnies, nous courons le risque de diviser l’héritage de Jésus. C’est ce qui a failli arriver à la communauté des 1ers chrétiens, où certains ont voulu imposer les pratiques du judaïsme comme condition préalable d’adhésion à la foi au Christ. Cela provoqua évidemment des conflits. Il a fallut recourir aux autorités de l’Eglise primitive pour éviter une grande désunion entre chrétiens.

Bien-aimés de Dieu, ce même danger guète toujours notre Eglise d’aujourd’hui lorsque souvent dans nos paroisses, nos CCB ou nos quartiers certaines personnes tentent d’imposer leur langues, leur cultures ou leur ethnies aux autres. Soit dit en passant, que nous soyons majoritaires ou minoritaires, où que nous soyons, sachons que l’Eglise catholique ne saurait être l’apanage d’aucune ethnie. De grâce, pas de racisme ni ‘‘d’ethnicisme’’ dans nos CCB et dans notre paroisse. L’Eglise du Christ se veut être une Famille Universelle qui accueille et respecte en son sein toutes les ethnies et toutes les cultures du monde. Pourvu que nous parlions le même langage qui est celui de l’amour du Christ. C’est cet amour universel qui nous permettra d’accueillir et de maintenir entre nous la Paix que le Christ nous donne. Quelle est cette Paix que Jésus nous donne aujourd’hui en héritage ?

La Paix du Christ: « je vous laisse la Paix dit Jésus, je vous donne ma Paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». Frères et sœurs, pour le monde, la paix rime avec absence de peine, de souffrance et de toute difficulté. Un chrétien ne doit jamais rêver de cette paix illusoire. Cette paix des hommes ou du monde est par nature une paix temporaire, incertaine et vulnérable, car elle est souvent construite sans l’aide de Dieu. C’est ce que veut nous faire comprendre Jésus, lorsqu’il nous dit : « Je ne vous donne pas [la paix] comme le monde [la] donne ». La Paix que Jésus nous donne ne vient pas supprimer nos souffrances et nos difficultés, mais elle nous permet de vivre en paix, même au cœur des souffrances et des épreuves de ce monde. Il s’agit de la Paix dans l’Esprit saint que Jésus nous donne. Si nous accueillons son Esprit, c’est lui-même qui deviendra notre Défenseur. Et avec lui, nous aurons désormais en nous la force d’affronter les accusations, les épreuves, les procès et les conflits. La Paix que Jésus nous propose est le contraire de la fuite ou de la résignation. Elle nous pousse à lutter dans les épreuves, avec l’assurance du Défenseur promis.
Cependant, beaucoup de gens viennent souvent à la messe et repartent sans avoir accueilli cette Paix qui vient couronner la bénédiction finale. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent sinon ils seraient restés jusqu’au bout malgré la durée des annonces. Repartir de la messe sans avoir entendu « Allez dans la Paix du Christ » C’est comme allez en mission sans avoir reçu ni le mandat, ni les moyens pour accomplir cette mission. Et on est étonné de rencontrer des échecs par après.
« Allez dans la Paix du Christ » signifie, Allez vivre l’amour que vous avez reçu et célébré, Allez, pour être des bâtisseurs de Paix dans vos milieux de vie. Pourtant, il y a des gens qui quittent la messe pour aller rentrer immédiatement dans la bagarre. Cela ne s’explique pas : Du moins, ou bien ces gens n’ont pas pris le temps d’accueillir réellement la Paix du Christ (comme ceux là qui partent avant la bénédiction finale), ou bien, ils n’ont rien compris de cette Paix du Christ qui devrait les pousser à tout faire pour garder cette Paix en eux et autour d’eux.

Oui, Frères et sœurs, après avoir reçu la Paix du Christ à la messe, notre mission c’est d’être désormais des messagers de la paix et de la joie du Christ. Il faut que cela se voie dans notre vie. De ce fait, il nous faut rejeter le poison de la médisance, des critiques acerbes (dénigrantes) et des paroles blessantes qui répandent du mal partout. N’oublions pas que nous sommes dans l’année de la miséricorde. Faisons donc en sorte que notre vie, nos paroles et nos actes disent sans cesse aux autres, quelque chose de la miséricorde de Dieu. C’est ainsi que nous pourront devenir nous-mêmes artisans de la Paix du Christ dans nos familles, dans l’Eglise et dans notre monde qui a tant besoin de Paix. Pour terminer, frères et sœurs, gardons à l’esprit ceci: la vie ne sera jamais facile comme nous le voulons. Ce qu’il nous faut, c’est de garder espérance en toute circonstance et se rappeler que nous avons un Défenseur: « Je vous donne un défenseur » dit Jésus. Ce qui signifie : « Quoiqu’il arrive, croyez ! Croyez que je vous donnerai toujours suffisamment de moyens pour faire face à toutes les épreuves de la vie. ». Que cette Eucharistie nourrisse en nous cette espérance en tout temps et en tout lieu, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

Abbé Juste Négus HILOU (Prêtre de Jésus-Christ à Bobo)