HOMELIE DU DIMANCHE 10 JUILLET 2016 15ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
TEXTES A MEDITER : Dt 30, 10-14 ; Ps 19 ; Col 1, 15-20 ; Lc 10, 27-37

Bien-aimés de Dieu, que la Paix et l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous !
Les textes sacrés de ce 15ème dimanche du temps ordinaire nous invitent tous à revenir à ce qui fait l’essentiel de notre foi : la fidélité aux commandements de notre Dieu, lequel commandement se résume à l’amour du prochain. A cet effet, la première lecture tirée du livre du Deutéronome nous rappelle que les multiples lois que Dieu nous proposent ne sont pas contre notre liberté. Bien au contraire, dans un monde de plus en plus gagné par la violence et le libertinage, la présence de lois civiles, morales et religieuses restent la seule alternative qui puisse garantir la liberté de tous et de chacun. Avec le relativisme ambiant qui sévit dans le monde, au cœur des multiples « Gourous » de sectes, des devins, des marabouts et vendeurs d’illusion qui pullulent ça et là, la Parole de Dieu reste le seul repère solide et fiable pour bien s’orienter. Et saint Paul nous rappelle dans la 2ème Lecture que plus qu’une simple Parole, cette parole qui doit nous servir de repère a pris chair pour devenir Homme, Jésus-Christ qui est « l’image du Dieu invisible ». Il est pour nous chrétiens, l’unique référence, celui en qui tout fut crée, dans le ciel et sur la terre. Tout ce qu’il attend de nous, c’est que nous l’imitions. Il ne nous demande pas quelque chose qui soit au dessus de nos forces. Il n’est pas un Dieu dictateur qui dicte seulement les lois. Il ne nous demande rien qu’il n’a lui-même accomplit d’abord. Et c’est d’ailleurs là que réside l’originalité de notre foi et de notre religion. Nous chrétiens catholiques, nous ne croyons pas en des dogmes, contrairement à ce que pensent souvent nos contemporains, notre foi n’est pas basée sur les lois, ni sur des idées difficiles à réaliser. Notre foi est basée sur une Personne Jésus-Christ, l’image du Dieu Amour et Miséricordieux qui n’attend de nous qu’une seule chose : l’Amour et la Miséricorde envers le prochain.
Pour être miséricordieux comme notre Père, l’Evangile d’aujourd’hui nous appelle à sortir, prendre la route et ouvrir grandement les yeux du cœur pour voir toutes les situations de misère au tour de nous. Tout se passe sur les sentiers de Jéricho. Un sentier où gisent les blessés et les accidentés victimes des violences humaines, de plusieurs types d’injustice et de misères. C’est là que le Seigneur nous invite à la rencontre du prochain. Ainsi, le chemin de Jéricho symbolise toutes les occasions que Dieu nous donne pour vivre la miséricorde et nous faire le proche de ceux qui croupissent dans la misère et qui ont besoin de nous. Le chemin de Jéricho, est en définitive pour nous chrétiens, la route du paradis qui passe par le prochain. Chers frères et sœurs, nous connaissons très bien la Parabole du Bon Samaritain que nous propose l’Evangile du jour, une parabole dont le but essentiel est de répondre à la question : « qui est mon prochain » posée par ce docteur de la loi qui voudrait entrer dans le Royaume des cieux.
Qui est mon prochain ? Voici une question très capitale quand on sait que pour notre Seigneur Jésus, la route du Paradis passe par le prochain qui git sur le chemin de Jéricho. Qui est mon prochain ? La réponse que Jésus nous donne bouleverse complètement notre notion du « prochain ». Pour Jésus, le prochain, ce n’est pas d’abord mon voisin ou mon compatriote, ce n’est pas celui qui est blessé et dans le besoin… Le prochain, c’est avant tout, vous et moi lorsque nous nous rapprochons de quelqu’un qui souffre! Dans l’Evangile du jour, le légiste qui était venu pour prendre Jésus au piège se voit donc obligé d’admettre que le samaritain, l’exclus, et non pas le prêtre ou le lévite a été celui qui s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des voleurs de grands chemins. Le Samaritain ne demande pas si l’homme blessé est un compatriote, un ami, un homme de la même religion. Il sait que c’est une personne qui a besoin d’aide et cela suffit. Jésus donne le coup de grâce au légiste en le mettant au défi d’agir de la même façon : «Va et fais de même». Tu as donné la bonne réponse, tu sais ce qu’il faut faire. Maintenant, agis comme le Samaritain et tu vivras…
Il convient de noter que lors du Jugement dernier, nous ne serons pas évalués sur nos titres, nos appartenances ou nos connaissances, mais sur nos actes : «J’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais en prison, j’étais malade je croupissais dans la misère et vous êtes venus à mon secours…» Au soir de notre vie, rappelle Jean de la Croix, nous serons jugés sur l’amour.
Bien-aimés de Dieu, en cette année de la miséricorde, nous n’avons plus le droit de rester indifférents face à la misère des autres. Nous sommes invités à nous laisser toujours toucher par les multiples situations de souffrance humaine. Partout où vivent les chrétiens, personne ne doit être seul à supporter sa souffrance. La souffrance des autres doit toujours nous poser question : Qui est le prochain de ce vieillard qui souffre de solitude et qui ne peut pas se déplacer? Qui est le prochain de cette femme abandonnée par son mari et par ses enfants? De ces jeunes déboussolés, sans travail, sans ”âme-sœurs”, qui se réfugient dans la révolte le libertinage et la délinquance? Qui est le prochain du prisonnier qui n’a eu aucune chance dans la vie et qui a raté toutes les occasions de s’en sortir? Du voisin qui vient de perdre son emploi et qui se demande comment il va faire vivre sa famille…Est-ce que je me fais le prochain de ces gens qui sont dans le besoin?
Avec l’Évangile d’aujourd’hui, nous savons désormais qui sont les vrais pratiquants et les vrais croyants. Ce sont les bons samaritains de ce monde : ceux et celles qui aident les autres à subvenir à leurs besoins vitaux. Les vrais chrétiens sont ceux et celles qui ne détournent jamais leurs visages des hommes et des femmes en détresse, qui se font toujours proches des laissés pour compte, des marginalisés, de ceux que personne ne veut approcher. Oui en cette année de la miséricorde, les vrais chrétiens catholiques ne sont plus ceux qui se contentent d’aller à la messe tous les dimanches, mais ceux qui continuent de vivre la messe tous les jours dans leurs familles, dans leurs milieux de vie et de travail. Les vrais chrétiens sont ceux qui ne ferment jamais leurs cœurs et leurs mains à ceux qui ont besoin d’eux.
Être chrétien, ce n’est vraiment pas compliqué. Il s’agit d’avoir le cœur et les yeux ouverts. Car on ne sert pas Dieu à l’Eglise si on ne le sert pas d’abord dans la rue et sur la route, dans nos familles, dans nos milieux de vie et de travail. C’est là qu’on reconnait les vrais chrétiens «pratiquants»
À la fin de chaque eucharistie, le Christ nous renvoie à nos occupations, à nos familles, à notre travail… Aujourd’hui encore, à chacun et à chacune d’entre nous, Jésus dit ceci : « va, et toi aussi, prend la route de Jéricho, fais de même… et tu auras la vie».
Par cette eucharistie, demandons au Seigneur de nous accorder la Grâce de pouvoir vivre toujours et partout, l’amour que nous célébrons à la messe. A notre Dieu soit la gloire, maintenant et pour les siècles et des siècles. Amen !

Abbé Juste Négus HILOU (prêtre de Jésus-Christ à Bobo-Dioulasso).