TEXTES A MEDITER : Ex 3, 1-15 ; Ps 103 ; 1Co 10, 1-12 ; Lc 13

Bien-aimés de Dieu, les textes sacrés de ce troisième dimanche du carême nous révèlent le visage miséricordieux de notre Dieu qui sait se faire proche de ceux qui souffrent. Il profite des situations de détresse et de misère humaine pour nous appeler à la conversion. Dans la première lecture tirée du livre de l’Exode, Dieu se révèle à Moïse au buisson ardent et l’envoi en mission pour libérer son peuple : « j’ai vu la misère de mon peuple…j’ai entendu son cri sous les coups des chefs de corvée ». Oui notre Dieu ne reste jamais passif face à la souffrance de ceux qui comptent sur lui. Il est avec tous ceux qui sont exploités, tous les pauvres, ceux qui sont réduits par la misère. Il ne peut rester insensible face à la souffrance de ceux qui sont sans soutien. Mais il ne veut pas agir pour nos frères sans nous. En cette année de Miséricorde, Dieu nous envoie au près de nos frères et sœurs qui croupissent sous les diverses formes d’esclavage de nos jours que sont la pauvreté, la maladie, le chômage, la délinquance et bien d’autres. Chacun d’entre nous est envoyé vers l’une ou l’autre personne qui sans notre aide risque de sombrer dans le désespoir.

En outre, dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous recommande de nous engager sur le chemin de la conversion. Pour nous y aider, il part des événements de la vie : l’accident absurde, les catastrophes, les guerres fratricides qui ne provoquent que destruction et mort. À l’époque, on pensait que tous ces malheurs étaient une punition de Dieu. Jésus refuse cette interprétation encore répandue de nos jours. Il nous rappelle que tout malheur n’est pas nécessairement lié à un châtiment divin. Beaucoup de gens pensent souvent que tous ceux qui souffrent sont victimes des conséquences de leurs méfaits. Jésus s’insurge contre cette mentalité en précisant que les victimes de malheurs ne sont pas toujours les plus grands pécheurs. La preuve est que de nos jours il y a beaucoup d’innocents qui souffrent pendant que des impies continuent de prospérer aux yeux du monde.

Mais loin d’être une occasion de juger ou de condamner, les multiples catastrophes naturelles et les grands malheurs qui sévissent dans notre monde devraient être pour nous un appel à la conversion de toute urgence. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière ». Ce n’est pas le péché qui entraîne la condamnation mais le refus de se convertir. Par cet avertissement et cette mise en garde, Jésus nous signale que la conversion est un passage absolu pour tous.

Dieu donne à chacun le temps de se convertir. À nous, il offre encore ce temps de carême pour que nous puissions abandonner nos penchants mauvais et nous rapprocher plus de Lui. Ceux qui refusent de se convertir n’échapperont pas aux châtiments. Notre Dieu est certes Miséricordieux et Patient. Mais jusqu’à quand saurait-il nous attendre? Le temps est court, nos jours s’en vont et nul ne connais le jour où il comparaîtra devant Dieu. Pour ne pas être surpris, n’attendons plus demain pour mettre de l’ordre dans nos vies. Profitons de cette année de la miséricorde pour nous convertir, pour pardonner et nous réconcilier avec Dieu et les autres. En ce 3ème dimanche du carême, faisons notre cette prière du psaume 94 : « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

Abbé Juste Négus HILOU