TEXTES DU JOUR : 1Jn 3, 22-4,6 ; Ps 2 ; Mt 4, 12-17. 23-25

Bien-aimé de Dieu, que la Paix et la Joie de l’Emmanuel demeurent toujours en vous dans vos cœurs et dans vos familles ! « On tira au sort et le sort tomba sur Mathias » ! Je ne sait pas par quelle acrobatie je me retrouve devant vous, obligé de prendre la parole en présence des anciens, des grands prêtres théologiens et biblistes et surtout, en présence de Mgr à qui revient en premier la charge d’enseigner le peuple de Dieu dans son diocèse. Mais comme je l’ai dit, ce n’est qu’une ironie du sort, car de fait, selon une certaine tradition, c’est aux jeunes prêtres que revient la lourde et délicate tache de partager la Parole de Dieu et de formuler les vœux en ces jours d’action de grâce diocésaine. Mais si moi j’ai accepté d’assurer cela au nom de mes 6 autres jeunes prêtres de cette année, c’est avec la seule conviction que je saurais compter sur votre indulgence. Alors d’ores et déjà, merci de me supporter comme un enfant qui apprend à balbutier les riches mots de Dieu dans son pauvre langage d’enfant.

Chers frères et sœurs, au cœur de l’Evangile de ce jour se trouve une petite phrase qui pourtant est à mon sens, l’essentiel de tout le reste : « convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche ». Voilà l’essentiel du message qui constitue la raison de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ dans notre monde. Convertissez-vous ! Avant Jésus, Jean-Baptiste avait employé le même terme mais pas pour dire exactement la même chose. En effet, Jean appelait à la conversion en vue d’accueillir le Messie. Et Jésus le Messie lance le même appel à son tour, pour dire cette fois-ci, qu’avec lui, le Royaume de Dieu est là. Avec lui s’ouvre une ère nouvelle.

Finies donc les périodes de transition pas seulement politique comme dans notre pays, mais aussi et surtout prophétique. Oui, avec Jésus, la transition prophétique du Précurseur cède le pas à la stabilité du Dieu Permanemment là avec nous. Remarquons que l’Evangile d’aujourd’hui commence avec l’arrestation de Jean-Baptiste. Cela constitue un signal très fort. Ainsi, les portes de la prison se ferment et font taire la voix des prophètes pour que retentisse celle de celui pour qui les prophètes parlaient. Une page vient donc d’être tournée, celle de l’Ancien Testament ; une autre s’ouvre, celle du Nouveau Testament avec le Messie qui vient pour tout accomplir.

Bien-aimés de Dieu, nous aussi, nous venons d’entamer une nouvelle année mais avons-nous réellement tournées certaines pages ? Pourquoi ne pas saisir cette opportunité pour nous aussi, tourner définitivement les  pages sombres de notre famille diocésaine ? Tournons les pages sombres de nos haines et de nos jalousies ; les pages tristes de nos vieilles querelles interminables. Dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos équipes sacerdotales et nos communautés, dans nos milieux de vie et de travail, il y’a certainement des gens qui ne se parlaient plus où qui n’avaient plus envie de se rencontrer. Pourquoi ne pas donc profiter de cette année nouvelle pour tourner ces vieilles pages de nos rancœurs, de nos ressentiments douloureux, de nos désunions fratricides pour nous ouvrir au pardon et à l’amour fraternel véritable ?

Chers frères et sœurs, il est vraiment heureux que nous célébrons notre messe d’action de grâce et de vœux en ce jour où l’Eglise nous propose cet Evangile. Savez-vous pourquoi ? Nous sommes au tout début de l’année 2016 qui est aussi l’année de la miséricorde et que fais Jésus dans l’Evangile du jour ? Après son appel à la conversion, il proclame la Bonne Nouvelle et guérit les peuples des maladies et de tout mal du péché. Notre cher Pape François a bien perçu cela quand il dit dès le début de sa bulle d’induction du jubilé de la miséricorde ceci : « La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre ». C’est ce que l’Evangile nous rappelle aujourd’hui. Notre Seigneur Jésus vient à notre rencontre et les premières œuvres qu’ils réalisent nous disent déjà qui il est et ce pourquoi il vient dans notre monde. Ces premiers gestes sont des œuvres de miséricorde. Par ces premiers gestes, Jésus nous dit déjà qui il est et ce pourquoi il vient. Il s’appelle Miséricorde et il vient par miséricorde et pour la miséricorde. Ainsi, dans l’Evangile du jour, Jésus nous donne le ton de ce que doit être notre mission en cette année sainte de la Miséricorde. Il définit les règles qui doivent régir les relations interpersonnelles dans nos familles humaines et dans notre grande famille diocésaine.

En cette année de Miséricorde, nous devons donc nous convertir et changer de méthode pour gérer nos conflits et nos différends. En tout temps et en tout lieu, il nous faudra toujours recourir « aux remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité », comme le recommande notre cher Pape François en citant le bon Pape Jean XXIII. Durant cette année, nous sommes invités à ne plus nous laisser guider par l’esprit du monde. Oui, ne faisons plus comme tout le monde, car nous ne sommes pas du monde comme l’a souligné Saint Jean dans la 1ère lecture d’aujourd’hui : « celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ». Si nous sommes véritablement de Dieu, efforçons-nous de tenir toujours des langages et des comportements de Dieu. Durant cette année 2016, année de Miséricorde, efforçons-nous de rejeter tout ce qui n’est pas de notre Dieu pour faire ce qui lui fait honneur. Dans nos projets et entreprises de cette année, si nous voulons réussir, tenons compte de notre Dieu dans tout ce que nous faisons. Dans tout ce que nous ferons et dirons, posons-nous sans cesse la question suivante: Comment est-ce que je serai signe de Dieu durant cette année 2016, année de la Miséricorde ?

Chers frères et sœurs, il semble que c’est à nous les plus petits du presbyterium qu’il revient encore de formuler des vœux pour tous à l’endroit de notre père évêque et de toute la famille diocésaine. Les année se suivent mais ne se ressemblent pas toujours. Chaque année, nous nous souhaitons les vœux, mais prenons-nous le temps d’évaluer sérieusement ce qu’a réellement été notre année ? Faisons-nous des vœux vraiment utiles, ou le faisons-nous pour simplement sacrifier à tradition en faisant comme tout le monde? Nos vœux sont-ils souvent conformes à la volonté de Dieu ? Nous demandons souvent à Dieu de faire ce que nous, nous voulons, mais en retour tenons-nous compte de ce que Dieu veut pour nous ?

Alors cher père Evêque, avec votre permission, en cette année je me garderais de formuler des vœux en fonction de nos attentes mais plutôt en fonction des attentes de notre Dieu qui d’ailleurs sait mieux que nous-mêmes, ce qui nous sera plus utile. Et les vœux que je voudrais formuler à l’endroit de notre famille diocésaine rentrent dans le sillage de l’appel du Christ  dans l’Evangile du jour: puissions nous nous convertir de jour en jour pour qu’advienne sans cesse le Royaume de Dieu dans nos cœurs, dans nos familles et dans tous nos milieux de vie ! Après la conversion, je nous souhaite à tous d’être permanemment miséricordieux. Car c’est sur la miséricorde que pourrons se greffer tous les autres vœux de paix, de joie, de succès et de réussite que nous nous souhaitons chaque année. Je termine en paraphrasant les vœux du nouvel an de notre cher Pape François. A vous donc, Père Evêque, à votre presbyterium et à toute votre famille diocésaine, je souhaite une bonne année, pleine de la miséricorde de Dieu qui pardonne tout ! Absolument tout ! Puissions-nous ouvrir nos cœurs et nos familles à cette miséricorde, pour qu’il y’ai toujours la joie et l’allégresse du pardon de Dieu ! Bonne journée et bonne année à tous !

Abbé Juste Négus HILOU