Bien aimés de Dieu, que la Paix et la Joie du Ressuscité soient toujours avec vous tous !

« il est ressuscité, oui il est sorti vivant du tombeau !… »

Oui, frères et sœurs, en cette Nuit Sainte, l’Eglise Universelle chante sa victoire et laisse éclater sa joie après quarante jours de marche, de jeûne, de pénitence, de partage et de multiples privations. Aujourd’hui, nous commémorons l’évènement fondateur de notre foi : La Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce jour est un jour de grande joie pour nous parce qu’il rappelle notre victoire sur la mort, jour où le Christ notre Seigneur a vaincu la mort pour nous rendre vainqueurs de tout.

De fait, chacune des lectures proposées pour cette vigile Pascale nous dit quelque chose de spécifique sur Dieu et son Peuple et sur ce mystère que nous célébrons aujourd’hui. Toutes ces lectures bibliques peuvent se résumer en ceci : Dieu n’a jamais cessé d’être avec son peuple dans les moments de peines, comme dans les moments de joie. Il est celui qui crée le monde avec amour et par amour (cf. 1ère ,2ème et 4ème lecture). Il est encore celui qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver (cf.3ème lecture). Tout au long des siècles, le monde a beaucoup changé. Mais Dieu n’a pas changé. Malgré les infidélités de son peuple, Dieu reste fidèle à son alliance. Et il envoie des prophètes pour rappeler à son peuple, ce pourquoi il a créé ce monde et ce vers quoi ce monde doit tendre : La Pâques (Cf. 5ème, 6ème, 7ème et 8ème lecture). Ainsi, Tous ces passages de l’Ancien et du Nouveau Testament que nous avons entendu aujourd’hui, étaient la préparation d’un seul Evénement, d’un seul mystère, d’un seul jour : LA PAQUE que nous actualisons en ce jour. Mais enfin, qu’est-ce que la Pâque et comment pouvons-nous l’actualiser aujourd’hui ?

Chers frères et sœurs pour aller droit au but, dans Pâque, il y a le mot passage. Pâques n’est rien d’autre qu’un passage à une nouvelle vie meilleure à celle que nous avons toujours menée. Et ce passage se fait par une mort inévitable. Dans l’histoire du salut, nous avons à faire à trois types de Pâques : celle des Israélites, celle du Christ et la nôtre. Ainsi, dans leur Pâque, les hébreux ont été arrachés à leur vie d’esclavage pour trouver la terre promise. Pour cela, ils ont dû marcher durant quarante ans dans le désert. Ensuite, notre Seigneur Jésus-Christ, pour vivre sa Pâque, a dû lui aussi passer de cette vie humaine à la vie de Dieu. Il est passé par le désert du calvaire et a dû subir toute sorte de souffrance et d’humiliation pour passer du temps à l’éternité. Il nous invite à sa suite à faire aussi notre Pâque. Mais en quoi consiste notre Pâque ?

Bien-aimés de Dieu, plus qu’une fête, notre Pâque consiste à nous laisser transformer sans cesse. A la différence de la Pâque juive et de celle du Christ qui ont eu lieu une bonne fois pour toute, notre Pâque à nous, doit se faire sans cesse. Ainsi, c’est la Pâque pour nous, chaque fois que nous décidons de nous arracher à l’esclavage de notre égoïsme pour prendre le chemin de l’amour et de la liberté. C’est une sorte de mort à nos décisions et à nos penchants mauvais que nous nous sommes entraînés à combattre durant ces quarante jours de pénitence et de conversion. A présent, le carême est fini, mais avons-nous réellement pu faire le passage ? L’heure est donc au bilan. Que chacun de nous s’examine pour voir en quoi il a pu faire le passage. Y a-t-il eu de changement dans notre vie ? Si rien n’a changé dans notre vie, c’est que notre carême a été vraiment inutile. J’insiste une fois de plus, où en sommes-nous aujourd’hui avec notre Pâque, celle des passages quotidiens : du pouvoir au service, de la revanche au pardon, du mensonge à la vérité, de la violence à la paix, de l’orgueil à l’humilité, de la tristesse à la joie et enfin, de la haine à l’amour ? Oui frères et sœurs, tout doit tendre vers l’amour, car la Pâque de notre Seigneur Jésus-Christ est enfin de compte, la Victoire de l’Amour qui ne meurt pas. Avec notre Seigneur Jésus, pour la première fois, la mort a trouvé son Maître. Disons que la mort est morte dans la mort de notre Sauveur Jésus-Christ. Chantons donc notre victoire : « Victoire Alléluia, chantons, crions de joie, Jésus-Christ est sorti du tombeau. Galilée !  Galilée… »

Frères et sœurs, ce que nous chantons et vivons-en ce jour, l’Evangile nous dit que ce sont les femmes qui ont été les premières à apprendre cela. Je m’en voudrais donc de ne pas dire un mot pour les femmes. L’Evangile nous parle des femmes qui sont venues au tombeau de grand matin. Malgré le tremblement de terre, elles sont allées jusqu’au bout. Ah les femmes ! Encore les femmes ! Il semble qu’elles sont premières partout. Vrai ou faux ? Première à pousser dans le mal (cf. Eve et Adam), mais aussi 1ère à rechercher le bien. L’Evangile nous montre un caractère particulier des femmes : la fidélité. Il semble qu’en général, les femmes sont plus fidèles que les hommes. Vrai ou faux ? Les hommes et les femmes mariés peuvent bien répondre à cette question. En tout cas, l’Evangile de ce soir semble être du côté des femmes. Ce sont elles qui avaient suivi Jésus jusqu’au pied de la croix. Elles ont été plus courageuses que les hommes. Ces derniers se sont cachés car ils avaient peur d’être recherchés et poursuivis par les juifs. Mais les femmes ont suivi leur Maître jusqu’au pied de la croix. Et même après la mort, elles continuent de suivre Jésus. En venant au tombeau en ce matin de Pâques, elles croyaient embaumer son corps. Mais rien ne se passe comme elles l’avaient prévu. Quand elles arrivent, elles trouvent un tombeau vide. Le corps de Jésus n’y est pas, quelque chose d’extraordinaire est arrivée, cela suscite des interrogations et laisse les femmes perplexes. C’est là que les anges leur disent :« Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ?   Il n’est pas ici, il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée :  Il faut que le Fils de l’Homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et qu’il ressuscite le troisième jour » (Lc 24, 6-7). Voici le message essentiel que l’ange du Seigneur nous adresse. C’est une joie à partager avec tout le monde entier.

Oui chers frères et sœurs, comme ces femmes de l’Evangile, nous devons courir partout dans le monde pour porter cette Bonne-Nouvelle à tous. Nous sommes envoyés dans le monde d’aujourd’hui pour être témoins et messagers de Jésus ressuscité. Notre mission c’est de témoigner que notre Dieu est vainqueur même de la mort. Commençons par le dire à nos futurs baptisés, ces frères et sœurs qui vont bientôt renaître de l’eau et de l’Esprit dans nos paroisses. Chers baptizandis. Je voudrais vous faire une confidence : personnellement, j’ai eu pitié de vous en voyant les multiples efforts que vous avez dû consentir pour atteindre ce jour de votre baptême. Mais, laissez-moi vous dire une seule chose : vous avez choisi la meilleure part. Vous avez choisi le meilleur chemin. C’est un chemin difficile comme vous l’avez expérimenté avec le nombre d’année et les multiples exigences auxquels vous avez été soumis durant votre catéchuménat. Oui comme certains aiment à le dire : « devenir chrétien catholique est trop difficile ! » Et moi j’aime à leur répondre ceci : difficile parce que noble. Difficile parce qu’il y a la croix dedans, mais noble parce qu’au-delà de la croix, il y a la gloire du Christ Ressuscité qui d’ailleurs devrait rayonner sur le visage de chrétiens catholiques que nous sommes.

En effet, frères et sœurs, si nous voulons témoigner que notre Seigneur est vainqueur de la mort, évitons de nous présenter avec de visages tristes et sombres. Sinon personne ne nous croirait. En effet, Comment faire croire aux autres que notre Dieu est vainqueur même de la mort, si face à nos souffrances quotidiennes nous nous laissons désemparer ? Mieux, comment convaincre les autres qu’en Jésus nous avons quelque chose de plus, si l’on ne sent pas de différence entre notre manière de vivre et celle des autres qui ne sont pas de la même religion que nous ? De grâce, soyons cohérents avec notre foi. Essayons de briser les écarts entre ce que nous croyons, ce que nous vivons et ce que nous faisons croire aux autres. Si nous voulons bien rendre témoignage, ne soyons pas timides ni tièdes ou même totalement effacés en présence des autres. Pensons à toutes les souffrances et humiliations que notre Seigneur a dû supporter pour nous. Tout ce qu’il nous demande en retour, c’est de lui rendre témoignage en faisant répandre son message partout dans le monde.

Rappelons-nous ! Nos problèmes ne doivent jamais nous faire perdre de vue que celui en qui nous croyons a vaincu la mort et a désormais le contrôle de tout, absolument tout dans ce monde. Alors, malgré toutes nos épreuves quotidiennes, soyons des chrétiens joyeux et débout pour montrer qu’on est vraiment ressuscité. Que Dieu Lui-même nous accorde cette grâce. Une fois de plus que la Paix et la joie du Christ ressuscité demeurent en nous et autour de nous. Amen ! Bonne Fêtes Pascales à tous et à toutes !

Abbé Juste Négus HILOU (Prêtre heureux de Jésus-Ressuscité)